Armand PORCELL
en 9 dates
1958
Naissance à Béziers.
1970
Premiers pas dans la magie avec un boite Capiepa.
1978
Entrée au club de Marseille.
1981
Premier livre « Les cartes ESP ».
1983
Lancement de ma revue « L’APOTECARI MAGIC MAGAZINE ».
1984
Deuxième livre « VISUAL CARD MAGIC ».
1987
Deuxième cassette vidéo « CARTES SUR TABLE ».
1989
Lancement de la revue « EVENTAIL » avec Patrick PASTOR.
2001
Présidence du club de Marseille.

« Boileau avait coutume de dire que ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. Aussi de peur de ne pas être à la hauteur de la tâche qui m’a été demandée, j’ai fait appel à un vieil ami, Ted CALARONI, que les lecteurs de L’Apotecari Magic Magazine connaissaient bien. »

Ted CALARONI :  Salut Armand ! Tout comme en 1995 tu fais appel à moi, mais cette fois c’est pour  la rédaction d’une biographie.

Armand PORCELL : Je constate que tu as une bonne mémoire. Il est vrai que la rédaction d’une bio est un travail ingrat et qu’après tout les amis sont aussi là pour ça.

T.C . : Commençons donc par le début. Quand es-tu né et où ?

Armand PORCELL
A.P. : Le 27 juin 1958 à Béziers. Si tu veux tout savoir c’était un vendredi soir. C’est peut-être cette venue au monde en tout début de week-end qui a été l’initiatrice de mon goût immodéré pour le farniente et d’une certaine paresse.

T.C. : Et ton parcours magique ? Comment as-tu commencé à faire de la magie ?

A.P. : Comme presque tous ceux de ma génération, avec une boite de magie. Si je me rappelle bien il s’agissait de « l’Apprenti Sorcier » deKapiepa en 1970.

T.C. : Tu n’as donc pas toujours été cartomane ?

A.P. : Non, bien sûr que non, et maintenant non plus d’ailleurs. A l’époque, je faisais un peu de tout. Surtout du salon, quelques effets de close-up, mais quasiment rien avec des cartes. A 13 ans, mon rêve était de monter un numéro de Grandes Illusions. Je ne me suis intéressé à la cartomagie qu’en 1975.

La révélation de tout un monde de finesse eut lieu le jour où j’ai été admis au sein d’un groupe de cartomanes Barcelonais. Ils se réunissaient une à deux fois par semaine, pour travailler. Quelques fois nous finissions les séances de travail au restaurant, tard dans la nuit, ou très tôt le matin. On parle beaucoup de l’école madrilène, mais je pense qu’on ne rend pas assez hommage aux cartomanes catalans (chers à mon cour).

T.C. : Et dans ce groupe, ou ailleurs, as-tu eu un maître, un modèle ?

    A.P. : Je n’aime pas beaucoup la notion de maître, bien qu’elle induise la notion de transmission. Je préfère le terme de modèle. Je sais que je vais faire hurler pas mal de monde mais je suis convaincu que tout artiste à ses débuts n’est que la mauvaise copie d’un autre artiste.

Et tout comme un adolescent qui va entrer en rébellion contre ses parents, l’artiste va se détacher de son modèle pour trouver ses propres valeurs, ses propres marques et en fait au bout du chemin sa propre identité artistique.

J’ai quand même eu la chance  en 1980 de rencontrer au sein de ce groupe (qui s’est baptisé au début des années 90 « Grupo C ») un homme extraordinaire, Pablo DOMENECH. Il m’a appris le respect du public et m’a montré que sans lui nous ne pouvons nous prévaloir du statut d’artiste. Nous sommes des faiseurs de miracles et sans le regard des autres nous ne pouvons prétendre à passer de l’autre côté du miroir. Je voulais donc encore une fois remercier par ces quelques lignes ce grand monsieur de la cartomagie Espagnole qui a eu la patience de passer de nombreux après-midi, avec le jeune loup que j’étais alors.

T.C. : Les gens te connaissent surtout comme cartomane et mentaliste, n’aimes-tu que cela dans la magie ?

A.P. : Bien sur que non ! C’est à mon avis une erreur très grave que de se « hyper spécialiser » dans une branche en négligeant toutes les autres. Je pense qu’il faut avoir une vision holistique de son art. Aimer la magie de scène, travailler pour ton plaisir les cordes, les boules, les anneaux chinois, le mime. etc. ne t’empêchera pas d’être un très bon cartomane, ou autre, mais te permettra peut-être de devenir un acteur complet, artisan de ton art, dans la branche que tu as choisie.

Les jeunes actuellement dévorent les vidéos cassettes, sont au courant de presque tout ce qui sort aux U.S.A, connaissent les dernières techniques de pointe, mais ne savent pas que l’on peut faire monter et descendre une baguette magique dans une bouteille grâce à un fil attaché à la boutonnière et à l’une des extrémités de la baguette (version 1970).

Si c’est cet exemple qui me vient à l’esprit c’est qu’il est tout récent et qu’il a été motivé par les réactions que j’ai entendu lors de la conférence de Pavel. Si je pouvais donner un conseil aux jeunes ce serait de lire beaucoup et de regarder ce que faisaient les anciens. Il n’y a pas de futur durable sans une bonne connaissance de son passé.

 T.C. : Puisque tu parles des U.S.A, cela me fait penser que la magie y bouge pas mal depuis quelques années. Nous recevons beaucoup de leurs conférenciers. Toi qui était plutôt un magicien hispanisant, que penses-tu de tout cela ?

A.P. : Au niveau cartomagie, j’ai du mal à trouver mes marques dans la nouvelle vague des cartomanes « made in U.S.A ». Pour avoir beaucoup admiré ASCANIO, j’ai toujours pensé que nous devions être des faiseurs de miracles, ou à défaut des créateurs d’illusions.

Et je ne retrouve pas du tout ce concept chez nos amis d’outre atlantique « nouvelle génération ». La magie est à la fois un divertissement et un art. On ne peut la réduire à la simple expression d’amusement. Les Américains favorisent beaucoup trop le côté « entertainer » et en oubli complètement la création de l’atmosphère magique et donc de l’illusion. Je ne pense pas que cela soit la bonne direction.

Mais soyons honnête,  peut-être suis-je nostalgique d’une certaine forme de magie qui était tournée vers l’illusion plutôt que vers l’alimentaire. Je me contente donc d’émettre mon avis de magicien « amateur » qui doit sa survie alimentaire à un autre métier (V.R.P) et qui peu se permettre de garder un regard naïf sur ce qui n’est que sa passion.

T.C. : N’as-tu pas déjà dit ou écrit que tu avais un métier qui te nourrissait et un autre qui te faisait vivre ?

A.P. : C’est exact et je pense que les visiteurs de ce site replaceront facilement les mots Magie et Commercial à leurs places. Peut-être est-ce parce que je fais du commercial à longueur de journée que je pense que dans notre rôle de créateurs d’illusions nous devrions plus nous attacher au côté artistique de notre art. Ce qui est presque un pléonasme, mais qui ne semble pas évident pour tous.

T.C. : Tu as beaucoup écrit dans ta vie, dans quel but ?

A.P. : Si je puis me permettre, je vais te répondre par une citation de Chateaubriand : J’ai aidé à conquérir celle de nos libertés qui les vaut toutes, la liberté de la presse.

J’ai effectivement commencé à écrire dans les revues de mon ami André Robert, le CARDINI CLUB REVUE, TOP SECRET MAGAZINE et CARDINI CLUB. Puis j’ai également collaboré avec MAGICUS (et cela dure toujours). J’ai également pas mal envoyé de tours à La Revue de la Prestidigitation. En 1983 j’ai eu envie de voler de mes propres ailes et j’ai crée L’APOTECARI MAGIC MAGAZINE. Ma revue a tenu jusqu’en 1989.

Dans le même temps je collaborais à la revue de la SEI (Sociedad Espanola de Ilusionismo) ILUSIONISMO, à MAD MAGIC et à la superbe revue MISDIRECTION Gen dirigée de main de maître par Ricardo MARRE.

J’ai aussi trouvé le temps de sortir un deuxième livre intitulé VISUAL CARD MAGIC (le premier étant celui sur les cartes ESP aux éditions du spectacle), et deux vidéos cassettes.

Lorsque j’ai arrêté mes publications, c’est Patrick PASTOR, magicien toulousain, qui m’a sollicité pour sa revue EVENTAIL. J’y ai tenu le rôle de rédacteur en chef pendant deux ans.

J’ai également eu le plaisir de collaborer à une autre revue privée espagnole, MAGIARCHIVO.

Lorsque mon emploi du temps me le permet j’écris dans Mindon Mania qui était dirigée par Alain GESBERT (je ne sais pas ce qu’ils deviennent), dans ARCANE, IMAGIK et EXORTISMA.

Au risque de me répéter, j’ai toujours pensé qu’une démocratie forte se caractérise, entre autre, par la diversité de sa presse. Alors n’ayons pas peur de la multiplicité et tachons de tout mettre en ouvre pour aider nos revues françaises.

T.C. : Comme tu m’as demandé de faire court, je vais juste te poser une dernière question. Comment te définirais-tu ?

    A.P. : Comme un perfectionniste besogneux. Beethoven disait que le génie c’est 5% de talent et 95% de transpiration. A mon niveau, je peux te garantir que je mouille beaucoup ma liquette. Il est vrai aussi que je ne suis presque jamais satisfait du résultat. Ce qui me console c’est de savoir que dans les dernières années de sa vie Arturo de ASCANIO reprenait des tours qu’il avait crées 20 ans auparavant, pour les améliorer, les restructurer. Alors, si un tel génie de la cartomagie a choisi cette voie, c’est qu’elle ne doit pas être mauvaise.

Le mauvais côté de la chose c’est que je ne pense jamais être vraiment prêt. Il faut que l’on me bouscule, que j’ai un impératif de date ou de résultat. Que voulez-vous nul n’est parfait !

En tout cas, si vous avez eu la patience de me lire jusqu’ici, c’est que vous ne devez pas en être bien loin !

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