Dates : du 18 et 19 mars 1995
Lieu : Cirque d’Hiver
rue Amelot
75011 PARIS

En ce samedi matin environ 300 personnes ont assisté à ce premier « Mayette Days« . Un congrès de plus ? En tout cas avec plusieurs points d’originalité.

Dominique DUVIVIEREn cherchant des visages connus avant de pénétrer dans l’enceinte du Cirque d’hiver, je constate la quasi-absence de membres du Groupe de Paris, une dizaine à tout casser.

Il est évident que via le plus célèbre magasin de magie de France, le Double-Fond, les cours de magie de la TEAM et la revue « Le Magicien », Dominique DUVIVIER s’est constitué une clientèle fort différente de celles de nos congrès ou conférences.

Chacun dissertera sur les raisons : l’image de Dominique dans le milieu magique, le prix (600 Frs), un plateau axé sur le close-up et non sur la scène, réaction de méfiance envers une première, etc.

Le plateau avait de l’allure.

Dans sa courte allocution d’ouverture, Dominique avoue s’être fait plaisir (et à nous par la même occasion). En vrac des talents confirmés à leur zénith, des dinosaures sur le retour, des espoirs aux dents longues.

Les rats de congrès essaient de se repérer : la traditionnelle pochette du congressiste contient 2 tours et le programme qui n’est autre que la dernière revue du « Magicien« . Un cadeau de 110 Frs !

La Foire au trucs est bien là, petite mais avec des personnalités de la magie underground tels Alain de MOYENCOURT (ex casse-cou du skate-board recyclé dans les effets spéciaux) avec des trouvailles diaboliques, par exemple une épingle à nourrice enfoncée à vue dans la main avec le sang qui jaillit !

Il y a aussi des artistes peintres, une expérience de réalité virtuelle sur ordinateur, les nouveautés de Bruno COPIN, les démonstrations de Pascal de CLERMONT (impossible d’approcher son stand bondé), Guy LORE, Klingsor, ainsi que des tables de triche où l’on joue des plaques de casino symboliques.

L’arène de 1200 places, rebaptisée « Salle Vernon » pour l’occasion, est un peu froide pour les seuls 300 congressistes présents, heureusement rassemblés face à la piste.

L’éclairage général, trop faiblard, ne réchauffe pas l’ambiance. Une revue dans la plus pure tradition parisienne ouvre les festivités mais tout le monde attend perplexe l’entrée du premier gladiateur sur une scène aussi inhabituelle.

Gaétan BLOOM & Max MAVENC’est tout d’abord la conférence de Max MAVEN, axée sur le mentalisme avec des effets basés sur le principe de Gilbreath et avec un fort tour « Strung out » en final.

Puis une grande illusion de Jean-Pierre BENOIT, peu convaincante pour les magiciens qui constituaient 95% du public.

On appréhende ensuite une des originalités de ce congrès : des marathons d’une heure en solitaire par des spécialistes du sprint engagés pour 8 mn aux congrès, une ouverture de 180° et une scène plus bas que les spectateurs !

Jean MERLIN est le premier des kamikazes.

De plus, il va faire son spectacle habituel, destiné aux profanes. Gaëtan BLOOM, son fils spirituel, le présente et vlan, dès le départ son micro HF ne marche pas ! Les lions salivent déjà.

Jean MERLINAlors Jean va briser la glace. Il arrête TOUT. La régie (après avoir été la cause d’une heure de retard) comprend qu’elle va devoir faire son travail correctement et pendant ce temps, Jean se lance dans 5 mn d’improvisation en parodiant la présentation de BLOOM. Un grand numéro !

Il recommencera son entrée et ce ne sera qu’une suite d’applaudissements jusqu’à la fin avec l’apothéose des boulettes Slydini.

Un très grand professionnalisme, des textes travaillés et surtout l’immense talent de faire naître l’émotion dans chacun des ses tours : les pinces à linge, la boîte qui rentre dans le dé, le billet brûlé, les six foulards, les anneaux chinois, les trois cordes, la corde coupée et raccommodée, les bambous chinois, les boulettes et un caniche en ballon.

Oui, vous avez bien lu, le programme d’une première année d’école de magie avec au bout une standing ovation spontanée. Si je ne l’avais vu, je ne l’aurais cru !

Richard KAUFMAN & Larry JENNINGSC’est ensuite la conférence de Larry JENNINGS.

Peu mobile, il restera assis à sa table pendant une heure avec de nombreux effets de cartomagie.

Là, le pari de montrer de la pure magie rapprochée à 7 mètres des premiers spectateurs a montré ses limites.

Les yeux fatigués par la distance et l’éclairage indigne des lieux, j’ai renoncé assez rapidement comme d’autres.

Par ailleurs, avec l’anglais obligatoire à l’école dès l’âge de dix ans, je ne comprends plus l’acharnement à traduire en France les conférenciers de langue anglaise.

Le rythme est détruit pour satisfaire 20% d’irréductibles (désolé Jean-Jacques, on n’y peut rien).

C’était l’occasion d’innover d’autant plus que le public présent était bien plus jeune que celui des congrès de l’AFAP.

Au dîner spectacle, un adolescent a présenté ses tours en anglais à Larry tout comme l’ensemble des pensionnaires du Double Fond.

Derek DINGLE
Derek DINGLE

Suivit Derek DINGLE.

Beaucoup plus mobile mais la démarche pas très assurée, il a montré un talent de présentation indéniable.

L’heure a passé vite. en 35 mn.

Comme le dit Jean-Jacques SANVERT dans le dernier numéro du « Magicien » page 4808, il faut « avoir un coup dans le nez » pour oser certaines passes difficiles. Il semble malgré tout que cette condition nécessaire n’ait pas été suffisante.

Gary KURTZVint ensuite ce qui était pour moi le clou de ce Mayette Days : le one-man show de Gary KURTZ.

Un monstre de technique, d’originalité et de présentation. Il a tout le bougre.

La liste des effets présentés serait impressionnante.

Les magiciens présents sont loin d’avoir tout compris.

Que ce soit dans le close-up pur, la comédie avec une spectatrice, le bluff durant le mentalisme, la parodie du fakirisme dans le pur style de la magie de rue, la magie de salon, l’originalité des effets, on reste bouche bée

Au hasard dans ce festival : « la glacière humaine » où après avoir avalé un verre d’eau, Gary n’extrait pas moins de 5 énormes glaçons de sa bouche.

La carte qui déchire le bras, les aiguilles qui sortent de la bouche, la carte à la poche répétée.

La disparition successive d’un billet, d’une allumette, d’une cigarette, du briquet avant de retrouver l’ensemble, dans l’ordre inversé et emboîté à la manière de boites gigognes.

Là aussi, standing ovation et rappels pour ce qui restera dans ma mémoire comme un grand moment magique.

Éloigné par le travail, je n’ai pu assister au reste du congrès qui vous sera narré par Michel FONTAINE.

   Merci à Bruno SANVOISIN pour la relecture.

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