Dates : du Vendredi 10 Juin 2005 au Dimanche 12 Juin 2005
Coordonnées : Paris & Blois
Prix :  155€

L’idée d’un Congrès Européens des Collectionneurs a sans doute germé dans la tête du groupe parisien qui, sous la houlette des frères Voignier, poursuit inlassablement ses réunions ou conférences, parfois ponctuées de ventes aux enchères depuis plusieurs années.

Ceux d’entre nous qui ont eu l’occasion d’assister à ce genre de manifestations hors de nos frontières apprécient le plaisir de partager des idées, de se montrer réciproquement ses dernières acquisitions ou de communiquer le fruit de ses recherches avec des amis venus d’autres horizons, et nourris d’une autre culture.

Avec bien sûr, comme lors de toute réunion d’un groupe de personnes qui ont une passion commune, le plaisir de retrouver des amis, parfois de longue date pour les plus anciens d’entre nous.

Les quelques manifestations auxquelles j’avais, jusqu’à ce jour, eu l’occasion d’assister consistaient surtout en une succession de biographies de magiciens, américains pour la plupart lorsque les réunions avaient lieu dans ce pays.

La présence d’un témoin ou acteur de ces événements les rendait plus présents, ou plus vivants, malgré l’âge nécessairement avancé de cette personne.


Michel et Donna FONTAINE

Et, cerise sur le gâteau, présentation d’un ou plusieurs numéros sur scène reconstituant une illusion ancienne.

C’est ce que font avec beaucoup de talent les organisateurs du Congrès de Los Angeles (Conference on Magic History) qui a lieu tous les deux ans en novembre, en alternance avec le Congrès de Boston, ou la réunion du MCA (Magic Collector’s Association) dont la dernière édition, tenue à Las Vegas, avait pour point d’orgue une visite à l’entrepôt-musée de David Copperfield.

Il n’empêche que je gardais toujours, sans trop vouloir me l’avouer, un sentiment de frustration et de culpabilité de mélanger un peu toute cette manne d’informations, par manque de culture générale de la magie, et de connaissance de base de son histoire. Ce ne fut pas le cas après ce congrès.

Le Programme, remis aux participants dès leur arrivée est un véritable livre cartonné (et numéroté), présenté dans un luxueux porte documents bicolore. Ecrit en français et en anglais il comporte de nombreuses photos des intervenants et des sujets traités.

Les participants se sont d’abord rendus au local de l’Association et ont pu admirer différentes boîtes de magie, datant du 19e au début du 20 e siècle.

Les conférences sont réellement internationales avec d’abord une intervention de Roxy, sympathique marchand et collectionneur italien, qui expose les débuts de l’imagerie de notre art à travers des projections d’images de livres et d’affiches de sa collection.

John Gaughan

C’est ensuite John Gaughan (prononcez « gône ») qui vient raconter l’histoire d’Antonio Diavolo. Le célèbre automate trapéziste de Robert-Houdin s’était, après maintes ventes et reventes, retrouvé dans le stock d’un marchand de pièces d’horlogerie, qui l’avait finalement cédé au Magic Castle de Los Angeles.

Et, après quelques années, les Larsen ont demandé à John Gaughan de les débarrasser de ces caisses poussiéreuses, en espérant qu’il pourrait en faire quelque chose. John est un magicien très créatif, et un habile mécanicien. Il a pu reconstituer l’automate dans son état original, avec notamment les barres qui le relient réellement au trapèze, tandis que les bras visibles ne font que semblant de le supporter.

C’est ce qui donne à l’automate cette légèreté et cette impression d’indépendance de son support.

Jacques Voignier

Jacques Voignier explique, avec quelques pièces de sa propre collection apportées pour la circonstance, quelques automates truqués utilisés par des magiciens du passé dans leurs spectacles.

Ces automates, à l’instar du pâtissier du Palais Royal, apportaient les gâteaux ou les boissons demandés par les spectateurs. Seul l’Arlequin, qui jaillit de son coffret dans une pirouette acrobatique, ne fait cet exercice que pour son propre plaisir et pour se maintenir en forme.

Pierre Albanèse

Pierre Albanèse s’est spécialisé dans un autre domaine. Il collectionne les lanternes magiques qui, par la projection d’images animées par de subtils mécanismes incorporés aux plaques, donnent un effet de mouvement, et préfigurent ce qui deviendra le cinéma au début du 20e siècle.

Ces lanternes ont servi d’intermèdes dans les spectacles des magiciens, ou permis des projections fantomatiques sur des écrans de fumée au cours de séances spirites. Le dessin de ces images et leurs couleurs sont souvent très raffinés.

Pascal Friaut

La première journée se terminait avec le film de Pascal Friaut et Florence Goyer, présenté par Maurice Saltano, et consacré aux interventions des magiciens dans les films grand public. Les plus grands y ont participé de Dante avec Laurel et Hardy à David Copperfield, ou Michel Seldow chez nous.

Nos amis, spécialistes de la vidéo et du film, ont ponctué et accompagné les différentes interventions de ce congrès de mini films qui précédaient les différents exposés. Jusqu’au voyage en autocar à Blois avec projections, dans le circuit vidéo de l’autobus, de films consacrés aux collections de gravures, d’automates ou de jouets magiques.

Académie de Magie

La première soirée est passée au musée de Georges Proust. Visite des magnifiques objets exposés, dont de nombreuses pièces de la collection de Christian Fechner, et présentation d’autres appareils anciens par les collectionneurs présents (François Voignier, Max Tassel, Rubéca, Nelti, Pascal Friaut, Didier Clément).

François VOIGNIER

Après une visite au Musée des Arts et Métiers le samedi matin (visite et démonstration d’une superbe collection d’automates, dont une « leçon de chant »), et une vente aux enchères, reprise des conférences le samedi après-midi à l’Espace Saint Martin.

C’est à Volker Huber qu’il revient de démarrer avec un exposé sur « le Cygne Savant ». Il s’agit de suivre, ou diriger les évolutions d’un cygne ou d’un canard sur une coupe remplie d’eau.

Ses mouvements sont subtilement commandés par le déplacement d’un aimant commandé par le présentateur, et lui permettent par des mouvements sur la surface de l’eau de répondre aux questions des spectateurs. Cette conférence pêchait par manque de préparation et manque de coordination avec le traducteur, Némo, pourtant excellent tout au long de ce week-end.

Daniel Rhod vient ensuite exposer l’histoire des cartes à jouer, depuis leur création au 15e siècle et les différentes étapes de leur utilisation par les joueurs (et les tricheurs) jusqu’à nos jours. Comment est-on passé des figures en pied, dessinées et peintes à la main, aux modernes « Bicycle », et quel usage en font éventuellement les tricheurs ?

Frank Debouck

Frank Debouck joint sa passion de l’histoire, particulièrement celle de la magie, à sa passion professionnelle : l’aviation. Il a enquêté sur ce que fut la vie de Saint-Exupéry, et sa manie de ne jamais se départir d’un jeu de cartes dont il ne manquait pas de faire usage pour divertir son entourage. Cet aspect de sa vie est peu connu du public qui ne voit souvent en Saint-Exupéry que l’auteur du « Petit Prince », l’un des plus grands succès de librairie dans le monde.

Frank a marché sur les pas de son illustre (et double) confrère, et rencontré une de ses amies qui avait écrit, sous un pseudonyme masculin, une biographie de Saint-Ex. Il nous montre, non sans émotion, un jeu de cartes qui lui avait appartenu. Cet exposé, vivant et très agréablement présenté, a été très apprécié et longuement applaudi.

Georges Naudet

Il revient à Georges Naudet de clôturer l’après-midi avec une présentation de sa très importante collection d’images et de couvertures de journaux, quand les dessins et les gravures n’avaient pas encore été remplacés par les photos.Cet exposé, enrichi de nombreuses projections d’images, est ponctué par la question qui revient en leitmotiv : « L’Escamoteur, Saltimbanque ou Mauvais Garçon ?. »

C’est en effet le même personnage qui est parfois représenté en tire-laine, ou en joueur de gobelets. Les participants ont encore été très intéressés par cette brillante conférence illustrée par un très bon support d’images vidéo.

Jan MADD

Soirée de détente le samedi soir avec un dîner spectacle sur Métamorphosis, le bateau magique de Jan Madd et Chantal Saint Jean. Ceux qui le connaissaient ont retrouvé avec plaisir ce couple charmant qui jouait d’abord le rôle d’aubergistes puis celui de protagonistes de ce brillant spectacle de magie classique. Les étrangers qui ne le connaissaient pas ont, en plus, été enchantés par ce lieu… enchanteur.

Maison Robert-Houdin

La journée du dimanche 12 était consacrée à une visite pèlerinage à Blois, la ville natale de Robert-Houdin. Accueil au « Prieuré », la maison où il s’était retiré, par le propriétaire actuel des lieux.

Il donne cette maison en location, pour habiter lui-même un « petit » château situé à quelques centaines de mètres (les deux propriétés avaient été réunies après Robert-Houdin).

Plaque sur rue

Il nous affirme que la maison est ainsi mieux entretenue par ses soins, que si elle était classée monument historique. Les congressistes s’égaillent aux alentours, en rêvant aux automates qui montaient la garde autrefois…

Membres du comité (François Voignier, Pascal Friaut, Georges Naudet, Florence Goyer, Pierre Albanese et Jacques Voigner)

Déjeuner dans un restaurant gastronomique près du château, et visite à « La Maison de la Magie ». Cette superbe bâtisse, face au château de Blois, est le lieu d’un musée –encore de nombreux appareils de magie, automates et affiches consacrés à notre art.

Pierre SWITON

Une salle sert de club de magie (c’est là que le CIPI organise ses ateliers), deux autres sont réservées aux spectacles. C’est là que les congressistes ont eu le plaisir de voir le numéro de Pierre Switon, avec ses manipulations, éventails de cartes, anneaux chinois, et sa superbe boule volante. Une visite à la tombe de Robert-Houdin au cimetière de Blois termine la journée.

Wittus Witt

C’est au cours du trajet de retour vers Paris que le groupe venu d’Allemagne a annoncé son projet de proposer le prochain congrès pour 2007 à Berlin. Nous aurons le plaisir d’y retrouver notre ami Wittus WITT qui, armé d’une lourde sacoche, a photographié chaque instant du congrès.

Nous lui sommes reconnaissants de nous avoir communiqué, le surlendemain du congrès, un nombre impressionnant d’images prises par lui. Il est aussi le Directeur de la Revue du club allemand Magische Welt.

Je ne sais pas comment il a fait pour m’envoyer, le mercredi 15, un exemplaire de cette revue avec un reportage et photo de l’évènement qui venait de se terminer 3 jours avant !

Merci à Wittus WITT pour les photos.

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