L’Ombre Orchestre est l’un des spectacles phare du 60e festival OFF d’Avignon, rencontre avec ce jeune artiste pour un entretien à l’issue d’une de ces représentations.

LB : Xavier Mortimer c’est votre 1ère année sur Avignon ?

XM : J’y suis allé en tant que spectateur, faire un peu de rue à mes débuts, là c’est ma première vraie année dans une salle programmée.

 

LB : Pourquoi avoir choisi Avignon ?

XM : [rires] je crois que l’objectif est simple : jouer, jouer, jouer ! Se faire voir, se faire connaître…

 

LB : Pour se faire connaître c’est plutôt réussi à priori, le spectacle marche très bien, c’est une réussite totale pour cette première année

XM : Oui oui, je suis content, ça va [rires]

 

LB : Le spectacle a été créé quand ?

XM : Je crois qu’il a été finalisé au début de l’année dernière, au mois d’octobre, j’ai commencé sur Paris avec quelque chose d’un petit peu… jeune ! Mais j’ai mis quand même 3 ans à le construire, à changer, à refaire, à remettre en ordre… et il est vraiment sorti au début de l’année

Xavier MORTIMER

LB : 3 ans pour un spectacle d’une heure ce n’est pas beaucoup, vous avez un metteur en scène qui travaille sur le spectacle ?

XM : Oui, Jean-Paul Rolin. C’est quelqu’un qui m’a accueilli dans sa propre salle de théâtre, en Dordogne dans un lieu super où c’est très agréable de travailler, ça m’a beaucoup beaucoup aidé. Je dirais que 3 ans de travail c’est aussi une dizaine d’années d’idées à la base, mais 3 ans de travail réel et surtout une année de travail intensif et j’ai eu les clés que je voulais avoir avec cette personne là qui m’a fait finaliser mon spectacle.

 

LB : Avant ce spectacle que faisiez-vous ?

XM : Oh ! J’ai fait beaucoup de choses. J’ai commencé en faisant, comme de nombreux magiciens, des arbres de Noël, des ballons à sculpter quand j’avais 15/16 ans et puis j’ai monté un spectacle solo « animatif » parce que je fais participer les enfants, ça tourne depuis 10 ans.

 

LB : Donc à l’origine vous êtes magicien ?

XM : Ben non en fait… C’est au niveau professionnel que je me suis lancé dans la magie, mais je suis issu de formation classique en musique et en danse. Et puis c’est la magie qui a pris le pas sur tout ce que je faisais, mais j’avais une démarche plus artistique là dedans, j’avais envie de construire des univers visuels plutôt que de faire de l’animation avec une chasse aux pièces.

 

LB : Vous avez quelle formation, quelle école ?

XM : [rires] j’ai suivi plusieurs conservatoires de musique, j’ai commencé à Périgueux et fini à La Rochelle, j’ai été au conservatoire de La Rochelle en danse aussi, contemporaine et classique. J’étais à l’école Lecoq à Paris, école de théâtre, j’ai fait l’école Desman Jones de mime à Londres…et divers stages de jonglerie. La magie, forcément, on apprend ça en fréquentant les amicales, en allant dans les congrès…

 

LB : Alors comment êtes vous venu à la magie puisque ce n’est pas dans votre formation, comment a eu lieu le déclic ?

XM : Le déclic c’est l’envie tout simplement

 

LB : C’est en voyant d’autres magiciens, j’ai vu que vous faites des jongleries de pièces comme…

XM :  Pierre Brahma oui ! Bizarrement j’ai monté ce numéro sans jamais avoir vu Brahma, j’ai trouvé il y a très longtemps un livre de lui sur les jongleries, je me suis dis c’est génial et je m’y suis mis. Après ça j’ai vu le numéro de Pierre Brahma j’étais super content.

 

LB : Vous avez fait des congrès, en tant que concurrent ?

XM : J’en ai fait beaucoup, en tant que concurrent aussi.

 

LB : Le dernier ?

XM : Les anneaux magiques à Lausanne. J’ai eu un premier prix National de magie en Italie, c’est ce qui a fait décoller le numéro avec les bulles, l’étoile d’or à la vallée de l’eau d’Olle, un 3e prix à la FFAP il y a très longtemps mais le numéro était très jeune [rires] ça valait un 3e prix !

 

LB : Quels sont les magiciens qui ont pu vous inspirer ?

XM : Sans hésiter Arturo Brachetti, Gaëtan Bloom, Carmelo. Il y a aussi des gens très proche de ce que je fais et que j’estime énormément… Jacques Delord par exemple et beaucoup d’autres… Vito Lupo aussi

Xavier MORTIMER

LB : Comment est venue l’idée des ombres projetées ?

XM : C’est une idée qui est complètement sortie de nulle part, je ne sais pas pourquoi ça m’a traversé l’esprit…

 

LB : C’est aussi dans l’air du temps, les projections se font beaucoup au théâtre, en danse…

XM : Justement ce qui est intéressant c’est que je suis tombé au bon moment parce que on a des techniques qui permettent de réaliser très facilement la projection vidéo. Mais à la base, très sérieusement, quand j’ai eu cette idée d’ombre je me suis demandé si j’allais le faire avec des ombres chinoises ou avec des vraies.
On développe avec la technique qu’on a, la vidéo m’a permis de faire toutes les animations etc… j’avais envie de faire un numéro avec mon ombre qui se dédouble et qu’il se passe plein de choses, à la rigueur avec de la magie dedans, peut être avec un partenaire en ombre…

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LB : En tout cas le principe est utilisé de manière originale, d’habitude on emploie soit des ombres chinoises, soit des projections d’images, ici on obtient un mélange novateur.

XM : A la base Copperfield a fait ça il y a 25 ans, Méliès il y a presque 100 ans, on n’invente rien [rires] !

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