Éditeur : Marchand de Trucs
Année : 2017
Format : 16 x 24 cm
Mise en page : Benoit DRAGER (voir son interview vidéo)
Pages : 224 dont 400 illustrations pour la plupart inédites – dont plus de 150 en couleur
Prix : 45€

« Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin » de Fanch GUILLEMIN est à mon sens indispensable au magicien médiéval et sûrement obligatoire au magicien amateur ou pro qui cherche un contenu crédible à des boniments historiques, et enfin à tout amateur de magie qui se respecte pour comprendre l’évolution et la simplification des classiques.

Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin par Fanch GUILLEMIN
Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin par Fanch GUILLEMIN

Ancien professeur en Bretagne, au Sénégal, en Algérie, en Côte d’Ivoire, au Canada et au Costa Rica, Fanch s’est lié partout d’amitié avec les  « sorciers » locaux.
Il a présenté son spectacle et des conférences sur l’histoire de la magie dans des établissements scolaires et culturels sur tous les continents, et même en Antarctique à la base polaire Jubany.
De 1984 à 1990, il a collaboré régulièrement à des programmes télévisés en Amérique Centrale.
Directeur honoraire de la revue L’Illusionniste, il a publié quelques ouvrages sur le sujet et de nombreux articles en français, breton, anglais et espagnol, dans des journaux spécialisés.

Présentation du livre par l’éditeur

Au côté de Fanch Guillemin, parcourez l’histoire de la magie, depuis les tréfonds de l’Égypte ancienne, 2500 ans avant J.-C, jusqu’aux Soirées Fantastiques de Robert-Houdin, en passant par l’ Antiquité, le théâtre d’illusion gréco-romain et son Eccyclème pour les changements à vue ou sa Mèchanè pour la volerie (flying), les merveilleux mécanismes de Héron d’Alexandrie, les joueurs de cailloux.

Le Moyen Âge et ses enchanteurs, mages, escamoteurs, sorciers et autres animaux extraordinaires, voir devins ! La Renaissance et la chasse aux sorcières, le mentaliste Nicolas Chuquet ou les magiciens du Louvre…
Les Temps Modernes, ses féeries et ses pièces magiques, les illusionnistes du siècle des Lumières.

Au fil des pages, vous croiserez les magiciens chinois de Marco Polo, François Villon et sa Bible des tricheurs, Sainte Marie l’Égyptienne en lévitation ou Germain Jacquet, « conducteur de secretz »… Vous découvrirez les Entremets, les Miracles et les Mystères.

Cette édition (la 3ème), déjà très riche en illustrations et documents historiques inédits, se voit par ailleurs augmentée de nombreuses photos, ainsi que de 10 magnifiques planches couleur retraçant le parcours magique de l’auteur à travers le monde.

Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin par Fanch GUILLEMIN
Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin par Fanch GUILLEMIN

Et, cerise sur le gâteau : ce livre est aussi un véritable BOOKTEST !

  • 400 illustrations pour la plupart inédites – dont plus de 150 en couleur,
  • Couverture rigide quadrichromie,
  • Reliure couture.

Avis

Très beau livre avec dix-huit pages de photos au début du livre sur des hiéroglyphes, des bas reliefs des tombeaux égyptiens, des objets magiques, des tableaux du Moyen-Âge, on sent qu’une recherche importante à été nécessaire pour extraire ceux relatifs à la magie

Je regrette la longueur un peu succincte sur l’Egypte et la magie à l’époque des pharaons, phéniciens, grecs, etc…
Notamment n’apparaît que succinctement les automates de Héron d’Alexandrie, une seul page y est consacré avec quand même le cheval buveur à la tête coupée qui est un magnifique tour de magie.

Mais les dix-huit pages du début me ravissent et ainsi le lecteur peut découvrir les anneaux chinois sur une estampe japonaise de 1764 et aussi sur un tableau Italien de 1876.
Les gobelets apparaissent sur des papyrus avec un texte décrivant quatre boules au pouvoir magique.
Plus loin, les cartes à jouer apparaissent (vers 1500) les tableaux de la renaissance. Pour faciliter la compréhension de cette étude, un tableau chronologique donne les repères dans le temps des différentes traces de la magie dans l’histoire.

Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin par Fanch GUILLEMIN
Histoire Illustrée de la Magie Blanche avant Robert-Houdin par Fanch GUILLEMIN

Je vais essayer de décrire les différentes époques proposées dans ce livre.

L’Antiquité (19 pages)

Les statues articulées et automates égyptiens, Moïse changeant son bâton en serpent. Les statuts qui parlent et rendent des oracles, les écrits de Héron d’Alexandrie qui présente des dizaines d’automates et de mécanismes pneumatiques et hydrauliques.

Le théâtre gréco-romain qui regorge d’appareil pour rendre magique les tragédies souvent de nature religieuse, renouvelant les rites encore plus anciens à la gloire des Dieux et héros de l’Olympe.

La merveilleuse acoustique des théâtres devait rendre miraculeux le bruit du tonnerre artificiel et du bruit du vent, les « voleries » avec des câbles en fibre végétale permettaient la représentation d’Icare ou de Pégase.

Enfin des trappes permettaient des changements à vue d’animaux en homme et vice-versa.

Lucien de Samosate, les tours de magie d’Hyperboréen, les vases magiques arrivés jusqu’à nous. Les avaleurs de sabres, les bateleurs des banquets, et surtout les joueurs de cailloux (gobelets) connus déjà en Grèce antique sous l’appellation de « Pséphopaiktés » ; Sénèque les signale à Rome au premier siècle (la premier description complète date du 3ème siècle par Alciphro).

Machine ouverture des portes du temple Héron d’Alexandrie

 

Le Moyen Âge (61 pages)

On y croise les baladins, mîmes, jongleurs et sorciers (ou sorcières), au début on les accepte à la cour, mais le christianisme les condamne.

En Bretagne, les enchanteurs apparaissent dans les romans et sont à l’origine de la légende de Merlin et d’Arthur. Un premier vrai magicien apparaît au XIIe siècle : Eon de l’Estoile, véritable enchanteur héritier de Merlin.

Les charmeurs et avaleurs de serpent, dresseurs de chevaux comme Guiraut de Cabrera, les escamoteurs, désignés sous les noms de nigromancien, trachédéour, etc….

Ils pratiquaient les gobelets avec des chapeaux. Comme ustensiles ils pouvaient utiliser des cornes, des grelots, des vases truqués, et apparut les anneaux chinois au début du XVème siècle. Roger Bacon moine franciscain anglais au XIIIème siècle décrit les illusionnistes et les ventriloques.

La torture pour faire avouer les sorciers prend son origine dans les tours des saltimbanques  qui présentaient l’homme incombustible, l’épreuve du fer chaud, de l’eau bouillante ou du plomb fondu.

Tolède durant tout le Moyen Âge eu la réputation d’être la citée des magiciens. Marco Polo à raconté les merveilles des magiciens du royaume du Grand Khan, notamment ces miroirs qui projetaient un dessin sur leur reflet.

C’est à cette époque que les cartes apparaissent avec évidement les tricheurs. La première description du bonneteau est faite en 1408, et aussi celle des tricheurs aux dés. Un grand Poète François Villon fut aussi un truand tricheur et il rédigea  des ballades en argot sorte de bible des tricheurs.

Léonard de Vinci rédige « La Festa del Paradiso » et y présente des illusions pour le mariage de Galeazzo Visconti, et présenta des automates.
Il rédigea aussi un manuscrit sur des tours mathématiques de physique amusante et même de cartes.
Il dévoile aussi les codes du « mentaliste » Giovanni de Jasonne qui effectuait un numéro de double-vue avec son jeune fils.

Le Moyen Âge à été plus ou moins indulgent avec les magiciens, contrairement à ce que l’on pense, c’est plutôt à la renaissance que l’on fit la chasse aux sorcières.

La Renaissance (33 pages)

A la fin de la guerre de cent ans, la sainte église allait régner par la terreur jusqu’au milieu du XVIIème siècle.
Le femme progressivement libérée au Moyen Âge se voyait de nouveau accusée de tous les maux. Une confusion se fit entre magie blanche et magie noire.

Mais d’un autre coté se fut l’apparition des livres de divulgations (peut-être pour dédouaner les magiciens de sorcellerie). Dans le livre on trouve un super tour de devination de Nicolas Chuquet en 1484.

En Italie, moins touchée par les guerres de religion, Jérome Cardan inventeur du mécanisme du même nom (cardan) publia dans son livre « De la subtilité et subtiles inventions » un tour d’horizon du répertoire des escamoteurs.

Un manieur de cartes Jean d’Alman fréquenta la cour de François Ier. Ambroise Paré dans son livre « Monstres et prodiges » déclarait avoir vu un magicien au Louvre. Catherine de Médicis ramena d’Italie l’abbé Ruggieri spécialiste de spectacle d’illusions.

A Paris, le Pont-Neuf (1609) devient le rendez-vous des bateleurs, des charlatans et des escamoteurs.

Plus tard à partir du XVIIème siècle ils se retrouvèrent aussi au printemps dans les grandes foires de Saint-Germain et Saint-Laurent.

Les temps modernes (37 pages)

Pierre Corneille ouvrira la voie en 1635 au théâtre d’illusions avec « L’illusion comique » dans laquelle le magicien Alcandre fait apparaître des spectres. Lully réalisa plusieurs féeries qui obtinrent un vif succès.

Fouquet offrit en son château de Vaux-le-Vicomte une féerie grandiose en l’honneur de Louis XIV avec la première de « Les fâcheux » de Molière mis en scène par le grand sorcier Torelli.

Pinetti et d’autres suivront jusqu’à Robert-Houdin qui révolutionne le théâtre de l’illusion en présentant, en 1845, ses « Soirées fantastiques » où il présente, seul devant son public, des tours en complet veston modernisant l’aura du magicien et effaçant l’aspect trouble du charlatan des siècles précédents.

l’oranger de Robert Houdin

Magie à travers le monde (20 pages)

Photos du parcours de l’auteur à travers le monde, à la rencontre de l’Afrique, l’Australie, la Polynésie, l’Amazonie, la Papouasie, la Mongolie, où celui-ci visiblement prend du plaisir à présenter ses illusions aux autochtones.

Le Book Test (2 pages)

Pour le prix d’un book test vous avez une livre sur l’histoire de la magie, c’est-y pas génial !?

Le book test présente 4 effets :

  • un mot et position dans la ligne du bas de page sur les pages 1 à 160,
  • Le mot le plus long entre les pages 50 et 110,
  • le mot de fin de page de 100 à 130 (tableau mnémotechnique 30 entrées),
  • Le numéro d’un livre dans une liste de 30 (premières pages).

Conclusion

Un magicien un peu confirmé n’apprendra pas grand chose des descriptions de l’époque, mais c’est un élément essentiel pour l’histoire de la magie, et pour certains qui font de la magie en costume cela peut renforcer la crédibilité de leurs représentations.

C’est un livre à posséder dans sa bibliothèque pour tout passionné, afin de connaître les racines de la magie.

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