Trucs du Métier

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Trucs et conseils en vrac pour les jeunes et les moins jeunes

Thierry SCHANEN

Localisation : Villiers sur Marne (94)
Age : 40 ans
Profession : officiellement, prof d'automatismes. Mais aussi, devinez !
Spécialités : magie de cabaret, de salon. Membre de l'amicale Afap de Seine et Marne
Magicien depuis... longtemps. D'abord passionné par la scène, puis par les cartes, maintenant par tout ce qui est simple, efficace, drôle en mettant un point d'honneur à reléguer la technique au second plan dès que c'est possible. Se produit principalement lors des arbres de noël, galas d'entreprises et soirées cabarets en restaurants. Pas de grandes références mais bientôt la publication de plusieurs tours dans la revue de l'Afap. Fan de Tamariz, Bloom et des écrits de Merlin. Et patati et patata.
   Il y a peu, un jeune lecteur de Vitual Magie, Frédéric Ablitzer, m’a adressé une série de questions suite à sa fréquentation des pages de « trucs du métier ».

   Si la première question concerne d’avantage les lycéens (et qui pourrait recevoir des commentaires et expériences de lycéens ou étudiants magiciens qui fréquentent ce forum au moins autant que les salles de cours ;-)), les 3 autres parties devraient rendre service à tous.

A quelle occasion présenter un tour pour la première fois au lycée - ou : « je me sens encore débutant mais je meure d'envie de brûler les planches »

Thierry SCHANEN   Question piège. Trop tôt ou trop souvent, tu risques de saouler tes camarades, passer pour le "bouffon" de service... le mieux est encore d'attendre qu'ils soient demandeurs et là ça peut durer. Donc il faut provoquer des occasions sans en avoir l'air (d'ailleurs c'est valable pour tous les magiciens "amateurs").
   Il se trouve qu'un des brillants jeunes magiciens actuels est en classe de 1ère dans le lycée ou je travaille. Sur sa petite fiche de rentrée, il a noté : loisirs "magie" et projet "devenir magicien". Tu parles qu'il n'y a pas un prof qui ne fasse pas de remarque et qui ne m'en parle par la suite. Et là, forcément ça interpelle les autres élèves et les demandes fusent. Reste à savoir gérer pour ne pas être submergé. Le mieux quand même est d'attendre les heures de permanence. Mais le très grand danger est que le public sera toujours le même et ton répertoire va y passer en 2 jours. Si la demande existe, pourquoi ne pas proposer un rendez-vous régulier aux plus assidus du genre : « le tour de la semaine ».
   De toutes façons, si ça se sait, tu ne passeras pas à côté de l'obligation de présenter des tours à un moment ou à un autre. A toi de savoir te faire rare pour maintenir l'intérêt. Si tu ne te sens pas prêt, réserve tes talents pour tes amis proches qui seront plus tolérants et t'aideront à te perfectionner en t'apportant des critiques constructives. Il est nécessaire de se confronter rapidement et fréquemment au public mais c'est en même temps dangereux.
   Ces séances seront peut être aussi l’occasion de rencontrer d’autres élèves magiciens et de faire quelque chose ensemble ainsi que de partager la vedette pour s’éclipser plus facilement.
   Je reprends des conseils déjà donnés : perfectionne toi sur quelques tours que tu devras maîtriser parfaitement et jette-toi à l'eau. Puis soit humble et honnête avec tes camarades et explique leur que tu es en train de préparer d'autres tours mais que tu veux leur réserver une bonne surprise et que tu t'entraînes "à mort". Cependant, n'y reviens pas avec seulement une seule nouvelle routine... sois patient.

 

Comment réagir face à un spectateur blasé ou encore face au fameux « il y a un truc » ?

   Face à un spectateur blasé, je crois que la meilleure réaction est de l'ignorer. Je sais, c'est dur mais franchement... il y a assez de spectateurs enthousiastes pour ne pas se pourrir la vie avec ceux qui s'en moquent. Bien sûr, si dans ton contrat, tu dois obligatoirement l'amuser, bonne chance.
   Et à ceux qui disent « y a un truc ! », je crois que le mieux est encore la carte de l'humour. « Ah bon, tu crois ?» - « Mince, je me disais bien aussi ! » ou encore « Non seulement, il y a un truc, mais il y a même un machin ! »
Bien entendu, le mieux est encore que le spectateur n'ait pas le temps de penser à ça parce que la séance est bien construite, enlevée, divertissante... Tu ne peux aller contre certains cartésiens, mais avec de l'enthousiasme, un numéro parfaitement rodé et répété tu dois arriver à emporter l'adhésion d'une majorité. Cependant, si à la table il y a monsieur JE SAIS TOUT, t'as intérêt à avoir un effet béton qui le scotche sur place. Sinon, je te conseille la fuite, avec panache mais sans demander ton reste. Si le spectateur est curieux mais bien intentionné, tu peux alors ouvrir la discussion en expliquant que s'il n'y avait qu'un truc, ce serait bateau, mais qu'en magie, le "TRUC" comme il dit est un savant mélange de technique, de manipulation, de mise en scène, de tchatche et éventuellement d'un petit accessoire spécial. Mais que tout l'art du magicien est d'utiliser adroitement ces diverses techniques pour réaliser un effet mystérieux.
   Bien sûr que la magie n'existe pas ! Mais lorsqu'il va au cinéma et qu'un acteur meurt, il ne crie pas dans la salle que c'est "pour de faux". Tout le monde le sait ! Et pourtant certains se laissent émouvoir. Bah en magie, c'est tout pareil : je ne ferai pas l'injure aux spectateurs de penser qu'ils croient en mes pouvoirs surnaturels. Mais acceptent-ils un instant d'oublier de réfléchir et de se laisser porter par le mystère ? Ou de laisser les autres entrer dans mon monde ? C'est bien rare qu'après le spectateur continue car les autres comprendront où tu veux en venir et te soutiendront.
Enfin une boutade pour finir, il est encore possible de répondre « Si tu savais ! tu serais dégoûté ! alors je ne vais pas te rendre malade avec ça, on risque d'aggraver le trou de la sécurité sociale ».

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