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| Le travail du magicien vers le jeu théâtral |
par Art-Gaêl
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La
conviction
« Si vous n’y croyez pas vous-même,
comment voulez-vous que le spectateur y croit ? » Cette règle
s’applique en magie comme en comédie. En effet si vous regardez
la pièce sur vos cuisses au lieu de regarder la main sensée la
contenir, il y a peu de chance que le spectateur ait une quelconque impression
magique. De la même manière, si vous affichez un sourire benêt
alors même que votre texte, votre effet, appelle plutôt la mélancolie,
le public ne sera pas totalement avec vous. Que ce soit avec texte ou en impro,
il est important de savoir où l’on en est émotionnellement
dans sa routine, ce que l’on veut faire passer, et comment.
Le ressenti émotionnel s’appelle pour le comédien, un état.
C’est cet état qui va évoluer et guider le comédien
dans sa recherche, qui va lui permettre de trouver les grandes lignes de son
personnage.
Construire un personnage
Il y a peu de temps, on m’a donné à
interpréter le rôle d’un macho un peu abruti, patron de bar
qui ne sait que gueuler après sa femme et le crétin de neveu de
celle-ci et un peu magicien à ces heures. La magie a eu un fort impact
sur le public parce que mon personnage paraissait trop malhabile pour pouvoir
faire quoi que ce soit de ses mains. La technique magique n’était
pas forte en elle-même et c’est surtout le décalage entre
le personnage et son habileté qui a donné de la puissance à
l’effet. Tout ça pour dire qu’il est important de lier sa
magie à son personnage et de savoir sur quel registre on se place :
humour, drame, veine réaliste, science-fiction. Et dans le registre,
quelles nuances ? Pour l’humour on pourra être burlesque, parodique,
grinçant,….
Une fois qu’on s’est donné le cadre,
construire le personnage est un jeu d’enfant. Pas au sens de la facilité
mais dans le sens de la méthode : « On dirait que je
serais … », tout le monde a joué à ça
à l’école et il faut aujourd’hui se refonder le corps
et l’esprit dans cette vieille mécanique enfantine pour retrouver
le plaisir du jeu. J’ai eu l’occasion d’apprendre un certain
nombre de techniques théâtrales et vocales et d’en faire
profiter d’autres comédiens tout en développant de mon côté
ces techniques pour les mettre au service de la magie. J’ai d’ailleurs
été ravi d’apprendre qu’au congrès de Nancy
une conférence allait dans ce sens. Je crois que les magiciens ne prennent
souvent pas assez la peine de s’intéresser aux autres arts pour
s’améliorer. J’anime aussi régulièrement des
stages pour enfants et je dois dire qu’à chaque fois, en les observant,
j’apprends autant d’eux que ce qu’ils peuvent prendre de mon
cours.
Les enfants n’ont pas de mal à jouer, leurs
difficultés se situent plutôt dans le difficile apprentissage de
la rigueur nécessaire à la canalisation de leur énergie
pour la rendre en spectacle, l’inverse des adultes en somme. Je vais tenter
de vous faire partager par écrit (ce qui n’est pas le meilleur
moyen : rien ne vaut la confrontation humaine) les quelques exercices qui
m’aident dans la construction de mes personnages. Gardez à l’esprit
que tout ces exercices doivent se faire avec une bonne respiration, c’est
à dire une respiration ventrale : si vous ne voyez pas du tout de
quoi je parle, reportez-vous à un ouvrage sur la voix, la respiration
ou je ne sais quoi d’autre qui vous en parlera. Et faites vite parce que
la, on arrive au chapitre suivant.
Pour entrer dans le vif du sujet voici quelques exercices
d’échauffement (à ce sujet : prenez-vous toujours le
temps de bien vous échauffer avant de débuter un spectacle ?)
>>> N'hésitez pas à réagir à cet article sur le forum !
Merci à Bruno SANVOISIN pour la relecture.
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