Trucs du Métier

Retour à la page TRUCS DU METIER

Le travail du magicien vers le jeu théâtral

par Art-Gaêl

Localisation : Valence (26)
Age : 29 ans
Profession : Comédien et chanteur
Spécialités : Spectacles jeune public et théâtre de rue, magie contemporaine top-underground
Parcours : Pro depuis l’age de 21 ans, je n’ai jamais connu que les métiers du spectacle. Au sortir d’une école d’art, je suis pendant 4 ans éclairagiste (Rita Mitsouko, Mory Kanté, Cie Jérôme Thomas,…) tout en étant comédien. Puis le théâtre m’accapare et m’éloigne de cette première passion qu’est la lumière. Passion remplacée par la magie à laquelle je consacre une grande partie de mon temps, expérimentant régulièrement dans mes spectacles, ses liens avec le théâtre. Je bosse actuellement dans les toilettes des salles de spectacle et festivals en tous genres avec le spectacle : « concerts de chiottes »
    Le comédien et le magicien ont en commun le fait qu’ils doivent tous deux « paraître ». Paraître un autre, faire croire à des émotions, etc. pour le comédien ; paraître pour quelqu’un doté de facultés hors du commun ou capable de provoquer l’extraordinaire pour le magicien. La différence existe cependant dans le chemin, la ligne directrice qui mène à ce « paraître ». La ou l’un, le comédien, passe par l’être (se sentir triste, amoureux, dubitatif, …), l’autre, le magicien, passe par l’avoir (avoir une technique, une certaine agilité, un « truc »). Et si chacun utilise ses propres artifices c’est avant tout dans le seul et unique but de faire croire à une distorsion dans la réalité telle qu’elle est présentée au public. Le temps d’un spectacle ce dernier ne sera plus seulement assis sur un fauteuil face à une scène sur laquelle se trouve un ou plusieurs de ses congénères de l’espèce humaine. Il accepte l’idée d’être la ou en a décidé ce congénère, il oublie son fauteuil, il oublie la scène (ou le restaurant en close-up) : ça y est, il est à vous !

 

Art-GaêlLa conviction

    « Si vous n’y croyez pas vous-même, comment voulez-vous que le spectateur y croit ? » Cette règle s’applique en magie comme en comédie. En effet si vous regardez la pièce sur vos cuisses au lieu de regarder la main sensée la contenir, il y a peu de chance que le spectateur ait une quelconque impression magique. De la même manière, si vous affichez un sourire benêt alors même que votre texte, votre effet, appelle plutôt la mélancolie, le public ne sera pas totalement avec vous. Que ce soit avec texte ou en impro, il est important de savoir où l’on en est émotionnellement dans sa routine, ce que l’on veut faire passer, et comment.
Le ressenti émotionnel s’appelle pour le comédien, un état. C’est cet état qui va évoluer et guider le comédien dans sa recherche, qui va lui permettre de trouver les grandes lignes de son personnage.

 

Construire un personnage

    Il y a peu de temps, on m’a donné à interpréter le rôle d’un macho un peu abruti, patron de bar qui ne sait que gueuler après sa femme et le crétin de neveu de celle-ci et un peu magicien à ces heures. La magie a eu un fort impact sur le public parce que mon personnage paraissait trop malhabile pour pouvoir faire quoi que ce soit de ses mains. La technique magique n’était pas forte en elle-même et c’est surtout le décalage entre le personnage et son habileté qui a donné de la puissance à l’effet. Tout ça pour dire qu’il est important de lier sa magie à son personnage et de savoir sur quel registre on se place : humour, drame, veine réaliste, science-fiction. Et dans le registre, quelles nuances ? Pour l’humour on pourra être burlesque, parodique, grinçant,….
    Une fois qu’on s’est donné le cadre, construire le personnage est un jeu d’enfant. Pas au sens de la facilité mais dans le sens de la méthode : « On dirait que je serais … », tout le monde a joué à ça à l’école et il faut aujourd’hui se refonder le corps et l’esprit dans cette vieille mécanique enfantine pour retrouver le plaisir du jeu. J’ai eu l’occasion d’apprendre un certain nombre de techniques théâtrales et vocales et d’en faire profiter d’autres comédiens tout en développant de mon côté ces techniques pour les mettre au service de la magie. J’ai d’ailleurs été ravi d’apprendre qu’au congrès de Nancy une conférence allait dans ce sens. Je crois que les magiciens ne prennent souvent pas assez la peine de s’intéresser aux autres arts pour s’améliorer. J’anime aussi régulièrement des stages pour enfants et je dois dire qu’à chaque fois, en les observant, j’apprends autant d’eux que ce qu’ils peuvent prendre de mon cours.
    Les enfants n’ont pas de mal à jouer, leurs difficultés se situent plutôt dans le difficile apprentissage de la rigueur nécessaire à la canalisation de leur énergie pour la rendre en spectacle, l’inverse des adultes en somme. Je vais tenter de vous faire partager par écrit (ce qui n’est pas le meilleur moyen : rien ne vaut la confrontation humaine) les quelques exercices qui m’aident dans la construction de mes personnages. Gardez à l’esprit que tout ces exercices doivent se faire avec une bonne respiration, c’est à dire une respiration ventrale : si vous ne voyez pas du tout de quoi je parle, reportez-vous à un ouvrage sur la voix, la respiration ou je ne sais quoi d’autre qui vous en parlera. Et faites vite parce que la, on arrive au chapitre suivant.
    Pour entrer dans le vif du sujet voici quelques exercices d’échauffement (à ce sujet : prenez-vous toujours le temps de bien vous échauffer avant de débuter un spectacle ?)

>>> N'hésitez pas à réagir à cet article sur le forum !

    Merci à Bruno SANVOISIN pour la relecture.

Remonter

Retour à la page TRUCS DU METIER