Réflexions

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Il y a Débinage et Débinage (l’avis d’un marchand de trucs)

de François MONTMIREL

Localisation : Cergy-Pontoise
Age : 35 ans.
Profession : marchand de trucs (Joker Deluxe) depuis 1993. A travaillé auparavant dans une agence de communication, au Groupe  Générale des Eaux et chez Nintendo (à chaque fois dans le service marketing-pub).
Spécialités en magie : aucune - il aime tout. Spécialiste du poker (représentant français de l'European Poker Player Association) et du blackjack (a publié plusieurs ouvrages qui font autorité sur ces deux sujets). Donne des cours dans ces deux domaines et collabore au magazine Casino Player.
“J'éprouve infiniment plus de contentement à voir des magiciens talentueux réussir des merveilles avec les articles que je vends plutôt qu'à m'escrimer moi-même à réussir une vague technique. Néanmoins, je pratique certains tours de magie mentale qui laissent libre court à la présentation.”
Ses magiciens préférés : Daniel RHOD, Carl CLOUTIER, Carlos VAQUERA, Christian CHELMAN… et bien sûr, Juan TAMARIZ.
Sa grande ambition pour le 3e millénaire : exporter la magie française.

François MONTMIREL   J’ai visionné la version française de l’émission de la Fox, “Breaking the Magician’s Code”. Les magiciens français doivent comprendre qu’une diffusion en France, en première ou deuxième partie de soirée, aurait un impact immense sur la population.
   Elle serait vue par un nombre de personnes compris entre 6 et 9 millions (cette évaluation n’engage que moi ; elle se fonde sur les chiffres Audimat habituels ; elle néglige bien sûr l’impact différé de la circulation “entre amis” des cassettes enregistrées ce soir maudit… sans compter le commerce pirate).
    Rappelons que France 3 émet en clair sur le réseau hertzien et que, pour regarder ses émissions, il suffit d’allumer son poste. Même ceux qui ignoraient la programmation de cette émission pourraient donc la regarder…
   Ce programme proposerait donc le débinage aux fans de magie, mais en plus, il l’imposerait à ceux qui a priori ne s’y intéressent pas. Un débinage à une aussi grande échelle serait plusieurs milliers de fois plus puissant que celui que pourraient faire les marchands de trucs.   Le marché commercial de magie en France est minuscule. Quand un ouvrage  spécialisé est imprimé, son tirage avoisine les 1.000 exemplaires. Il est rare qu’il atteigne les 5.000 exemplaires. Certains livres sont diffusés plus largement. Mais en général, les rayons des hypermarchés ne les “suivent” pas régulièrement car ces titres ne sont pas assez porteurs — en tout cas infiniment moins que le dernier Sulitzer ou les révélations de la dernière star en vogue.
   Et puis il y a la démarche : dans le cas du livre ou du magazine qui débine, le consommateur doit payer de ses deniers (le livre, entre 80 et 200 F environ, et le magazine, autour de 20 F). C’est une démarche volontariste.
   Et elle est à cent lieues de la démarche suivie par un téléspectateur, passive et gratuite — autant que l’est cette émission.

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