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| Carlos VAQUERA |
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Carlos
VAQUERA |
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8 décembre 1962 Septembre
1984 1985 du 30 avril
au 1er mai 1999 Commandez en ligne : |
A quel âge as-tu commencé la magie ?
Jai commencé vers 18 ans mais je pense que le goût du merveilleux était en moi depuis de nombreuses années.
Quel a été le déclencheur ?
Une rencontre avec un ami qui avait un ami qui avait un frère qui était magicien : Christian Chelman.
Quels ont été tes maîtres ?
Je pense quon rencontre beaucoup de personnes qui peuvent tinfluencer ou pour lesquels on peut avoir beaucoup dadmiration, mais un maître il y en a quun dans une vie. Celui-là, je lai rencontré, une première fois, par le biais dun livre qui fut une véritable révélation pour moi. Ensuite, jai eu le bonheur de le rencontrer une deuxième fois en chair et en os ; et tout ce que javais découvert à travers les pages étaient réuni en un seul homme : lintelligence, la subtilité, lécoute, le partage, lhumilité et la volonté de communiquer. Je parle, bien entendu, de mon seul et unique Maître : Arturo de Ascanio y Navaz.
T'es-tu tout suite concentré sur les cartes ou
as-tu travaillé les bases comme les cordes, le gobelets, les pièces ou encore
les anneaux chinois ?
Mon premier amour a été les cartes, la bible de la magie de proximité, ensuite les pièces sont venues agrandir ma passion et pour des raisons professionnelles je me suis intéressé à tous les objets ordinaires de la vie quotidienne qui pouvaient être sources dillusions et démotions. Au jour daujourdhui, je mintéresse à une magie plus verticale et qui puisse être représentée dans des petits théâtres de 200 à 300 personnes.
Parles-nous également de ton parcours : ton début en tant qu'amateur, puis professionnel.
Comme je lai dit précédemment, cest grâce
à Christian que je considère comme mon initiateur (pas comme mon maître)
que ma passion a commencé. Cétait en septembre 1980. A cette époque,
il y avait à Bruxelles un lieu de rencontre étonnant où tous les samedis
se rencontraient des passionnés de lillusion (ce lieu existe toujours,
cest un bar qui sappelle "le Greenwich", et des rencontres
sy font encore mais elles sont moins passionnantes quà lépoque).
Cest donc là quun samedi du mois de septembre 1980 Christian
memmena.
Cest là où pour la première fois de ma vie et à
tour de rôle des magiciens épatants mont offert les plus belles illusions
de ma vie, il y avait Vincent Duvignez, Giovanni
Xueref, Marc Decoux, Bob Alan,
Yves Gérard, José Hidalgo, Duc
Nhan Nguyen, Sylvain Sluys, Stanislas,
Alipio Rabajo, etc. Cest encore là que jai
fait la connaissance de Vadini qui a lépoque était
en tournée à Bruxelles pour son métier de comédien. Ces samedis étaient
merveilleux à tous les sens du terme jusquau jour où Christian décida
de sélectionner ceux qui pouvaient se joindre à nous et ceux qui navaient
pas accès à cette rencontre. Au cours des semaines ce lieu nétait
plus fait damour et de passion mais de jalousie et dhypocrisie.
Avec le temps va tout sen va !...
Puis 4 ans plus tard, cest à dire en 1984, je suis
devenu le premier professionnel à vivre exclusivement de la magie de proximité
en Belgique. Là, Christian et le milieu magique mont rejeté et durant
3 années jai vécu la difficile mais tellement profitable discipline
de la solitude et des livres. Je dois vous avouer que mon premier contrat
professionnel était un contrat international à Munich pour "Minolta"
qui cherchait un magicien multilingue. Jétais celui-là.
Depuis lors, la chance ma sourit puisque je nai jamais galéré
et que ma vie professionnelle a toujours été bien remplie.
Je suis loin du cliché du type qui pour arriver à dû manger de la vache enragée...
Jespère que le futur mévitera ce genre dexpérience.
Jen profite pour remercier mon ange gardien qui est certainement le
plus doué de mes agents !...
Est-ce que la magie a toujours été ta seule source de revenus financiers ou as-tu exercé une autre activité professionnel ?
Avant de devenir professionnel, jai exercé différents
métiers en même temps que les études de professeur déducation physique
que javais entamé. Jai été, à tour de rôle, pompiste, barman,
maître-nageur, jai fais des défilés, jai travaillé à la sécurité
dans les concerts, jai travaillé dans un sauna, jai été mannequin
"mains", etc.
Puis une rencontre, qui coïncidait avec mon statut de
professionnel, avec Bernard Decoster (le plus grand metteur en scène
de lépoque - il est décédé) ma permis de travailler comme comédien
aux Rideaux de Bruxelles (saison 1983-1984 et saison 1985-1986 - une aventure
exceptionnelle!).
Ensuite les portes de la télévision se sont ouvertes
et mont permis davoir pendant 8 mois une rubrique de magie dans
un talk-show quotidien sur RTL "Entrée Libre". Tous les mercredis
je faisais 8 minutes de magie, cétait en 1986-1987.
En 1991, jai créé avec ma compagne Kathleen Schultz
une société dévénement "No Limits" qui se porte à merveille.
Et en 1995, jai commencé à animer un talk-show
quotidien à la RTBF "Carlos et les autres" (cétait la première
fois dans lhistoire de la télévision belge quune émission portait
le prénom du présentateur).
En 1996, jai continué avec une nouvelle monture
de ce talk-show "La Bande à Carlos".
Enfin en 1997, jai accédé au prime-time avec une
émission de variété qui sappelle "Pour la Gloire". Nous
en sommes à la quatrième édition. Et la cinquième est déjà programmée pour
lannée 2000.
Pour résumer ce parcours, je dirais que la liberté dun
artisan est de senrichir en prenant des directions qui parfois peuvent
paraître assez éloignée de son art mais qui au bout de la route napporte
que des choses positives.
Comment t'es-tu retrouvé à la télévision ?
A chaque fois le même scénario sest reproduit
: le hasard dune rencontre, un casting et une émission au bout du
chemin.
Pour ce qui est de mon talk-show à la RTBF, javais en 1984 animé le
Festival International du Film à Bruxelles et cest là où jai eu
le plaisir de rencontrer un animateur radio très populaire : Claude Delacroix.
Pendant plusieurs années jai eu le privilège de
moccuper des réalisateurs et des comédiens qui venaient rendre visite
à notre belle capitale durant ce festival et, bien entendu, Claude Delacroix
était toujours présent. Les années ont passées et ce monsieur est devenu
directeur du centre de production de Bruxelles à la RTBF.
Un jour mon téléphone a sonné, cétait lui, et il
ma expliqué quil avait reçu 300 CV et quil pensait à moi
pour une nouvelle émission. Nous nous sommes rencontré dans ses bureaux,
il ma proposé un casting en me disant que soit je pouvais ne pas convenir,
soit jallais animer une rubrique dans cette émission, soit jallais
devenir le présentateur-vedette. Jai fait le casting sans aucune préparation,
juste en impro et ça a dû plaire puisque je me suis retrouvé à la tête de
ce talk-show. Voilà !
Que gardes-tu comme sentiments sur cette expérience ?
Les six premiers mois ont été un véritable enfer où
lhypocrisie, la jalousie, la déstabilisation étaient des éléments
coutumiers de mon quotidien télévisuel.
Ensuite avec lexpérience et le détachement quon
acquiert avec le temps, cest devenu une très belle mais très difficile
expérience. Noublions pas quen deux saisons de talk-show jai
fait 365 émissions ; jai donc eu lavantage et le plaisir de
recevoir de nombreux invités, prestigieux et de menrichir à leur contact
(quelques noms : Henri Verneuil, Renaud, Michel Leeb,
Barbara Hendrix, Percy Sledge, Dick Rivers, Miguel
Bosse, Cavana, Jean Piat, etc...).
Ma culture générale sest, par la même occasion,
elle aussi élargie.
Mais je vous passe les moments de doutes, de stress, de déception, etc.
Bref, une école difficile où il faut savoir se protéger si on veut rester
équilibré.
Est-ce que tu travailles quotidiennement tes techniques, ses tours ?
Oui, jessaie de travailler en moyenne deux heures par jour et cela tous les jours, que je sois en vacances, à létranger pour le travail ou chez moi.
Es-tu quelqu'un qui planifie son travail en cartomagie (recherches, techniques, dialogues, routines) ?
Je pense être quelquun de très solitaire et donc
de très organisé.
Ma méthode de travail est simple, elle consiste à comptabiliser mes minutes
de travail durant la journée. Je possède donc un agenda de travail qui est
composé de 7 sections et qui est toujours accompagné d'un chronomètre.
Il y a le "rehearsal" qui est la répétition
comme si je travaillais en face dun vrai public (donc si erreur il
y a, jessaie de me rattraper comme je le ferais durant un vrai spectacle),
il y a la "practice" qui représente mes gammes (les tours que
je fais le plus - je travaille toujours cette partie avec de la musique
- radio, CD, etc.), il a le travail de "la voix" (lecture de texte
que jai écris ou des textes des autres - pas nécessairement des textes
de théâtre), il y la section "article" qui représente les articles
que jécris mensuellement pour la "Circular" de lÉcole
Magique de Madrid, ou pour " Imagik " ou dautres
encore, il y a la section " étude " où jétudie
les uvres des autres magiciens, il y a la section "lecture"
où je lis tous ce qui se rapproche de près ou de loin à mon art (ça peut
être le théâtre, le mime, le marketing, comme des techniques de bien-être,
de relaxation, de pensée positive, etc.) et enfin la section "show"
qui est un travail sur mon one-man show.
Je note toutes mes heures de travail et à la fin du mois
je vois quelles sont les parties que je dois travailler davantage afin davoir
un certain équilibre entre toutes ces sections.
As-tu déjà participé à des concours ? Si oui, qu'avais-tu présenté et quels avaient été tes résultats ?
Oui, je pense quil est intéressant de participer
à des concours, cest la raison pour laquelle je lai fait dans
le passé et que je le ferai certainement encore dans le futur.
Mais un concours ne veut pas dire grand chose en soi.
Je pense quon peut recevoir le premier prix et ne pas être pour cela
le meilleur de la compétition. Finalement, un concours est une compétition
entre soi et soi, pas entre soi et les autres. Cest aussi une manière
de se faire connaître et de montrer aux autres quelles est notre manière
de voir lart de lillusion.
Pour ce qui est des résultats, les voici : un premier
prix à Bruxelles (Ring IBM en 1986), un premier prix à Las Vegas (Society
of American Magician 1987), un award of merit à Nashville (International
Brotherhood of Magicians 1987), un premier prix à Londres (Ron Mac Millan
1987).
Ce que jai présenté dans le passé variait suivant
mes envies mais je nai jamais travaillé une routine spécialement pour
un concours.
Chaque fois que jai remporté un prix, cétait
avec des routines que je faisais pour un vrai public.
Dans mes routines sélectionnées, il y avait des pièces,
des cartes, des billets de banques et des allumettes.
La plupart de ces routines sont expliqués dans les notes
de conférence que jai sortie durant le week-end magik à Paris.
Quel est ton point de vue sur la propriété intellectuelle dans le domaine de la magie ?
Je suis pour la propriété intellectuelle.
Pourquoi ne devrait-on pas payé des droits dauteurs
sur des tours créé par dautres ?
Ces droits seraient perçu en droit de partage, cest
à dire à chaque représentation publique ou télévisuelle lorganisateur
devrait payé une somme qui irait à la SACD (ou SACEM en France) et qui,
par la suite, serait redistribuée aux auteurs.
Cest ce qui se fait pour le théâtre, la chanson,
la poésie, etc.
La magie nest elle pas un art majeure ? Alors pourquoi sommes-nous en
retard sur les autres ?
Lors de ta dernière tournée de conférences, tu as parlé d'une SACEM magique. Comment pourrais marcher cet organisme ?
De la même manière quil fonctionne pour le théâtre
ou la chanson. Toute création mérite une reconnaissance, pas uniquement
morale mais monétaire. Maintenant, la frontière entre création et modification,
adaptation, amélioration est difficile à calibrer.
Il y a des techniques qui sont rentrées dans le domaine
public et qui, de ce fait, ne devraient plus percevoir de droits dauteur
; mais les techniques qui font partie intégrante dune routine construite
par quelquun et quun autre utilise à la télévision, par exemple,
devrait rentrer dans ce quon appelle le partage de droits.
Cest un domaine complexe et je pense que cest
à un juriste spécialisé dans les droits dauteur que revient le plaisir
de répondre à cette question.
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