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| Jean-Philippe LOUPI |
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Jean-Philippe
LOUPI |
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1965 : Apparition le 9 janvier 1979 : Première scène à Paris 1986 : Intégration au club AFAP de Grenoble 1989 : 1er Prix AFAP Close-Up 1994 : Grand Prix Magic Hands 1994 : 3ème Prix FISM " Comedy Magic " à Yokohama 1999 : Interview pour Virtual Magie |
A quel âge as-tu commencé la magie ? Quel a été le déclencheur ? Quels ont été tes maîtres ?
Je fais parti de la " Génération Gérard Majax ". Mes débuts sont d'une grande banalité. J'ai reçu une boite à 7 ans (Magie 2000 de KASSAGI). Cela a été le coup de foudre. Contrairement à d'autres enfants de cet âge, j'étais patient et minutieux. Très scolairement, j'ai réalisé tous les tours de cette boîte. J'ai d'ailleurs toujours le petit fascicule qui l'accompagnait. Je l'ai relu, il était vraiment complet. Vers 10 ans, devant mon engouement pour la magie, j'ai reçu le livre Cours Magica de Robert Veno. J'ai adoré. Même si les effets étaient d'une autre époque, j'ai travaillé chacun des tours décrits. Ma motivation principale de progresser était le petit spectacle familial de fin d'année ou chaque enfant de ma famille présentait son travail. Entre le violon grinçant ou le poème récité, mon spectacle était souvent attendu. C'est tout bête, mais je crois que c'est cela qui m'a motivé à continuer à travailler de plus en plus. Ensuite j'ai continué pour crâner auprès des copines. C'était une bien meilleure motivation ! J'ai fait mes premiers spectacles à 14 ans au théâtre St Jean de dieu à Paris. Je faisais 20 minutes. C'était génial.
Je
suivais alors toutes les émissions magiques de Gérard Majax
et de son équipe. Je n'en ratais aucune. J'adorais les génériques
de présentation, composés d'effets de quelques secondes. Je
me souviens aussi des machines de Gaétan et des prouesses graphiques
de James Hodges. C'est vraiment une époque importante pour moi.
Ces excellentes émissions en ont certainement motivé plus d'un.
J'ai un parcours un peu solitaire en fait. Je n'ai pas eu de maître, ni suivi de cours. J'ai habité Paris les vingt premières années de ma vie. Mais je n'ai jamais intégré un club ou une réunion durant cette période.
Arrivé à Grenoble, j'ai pris contact avec le Club AFAP. Toutes mes bases étaient déjà acquises et la suite s'est déroulée très vite. Tu vois, rien de très original dans tout ça.
T'es-tu tout suite concentré sur les cartes ou as-tu travaillé les bases comme les cordes, le gobelets, les pièces ou encore les anneaux chinois ?
Le livre de Veno aborde tous les effets principaux de la magie de salon. J'ai donc travaillé un panel de tours très large. Je touchais à tous, sans préférence particulière. Sur Grenoble, j'ai plus particulièrement travaillé le Close-Up. J'y ai fait de bonnes choses je pense. Ce qui m'importait, c'était de tout essayer. Ce dont je me souviens, c'est d'avoir beaucoup travaillé. Mais attention, quand je parle de travailler, cela veut dire que j'ai vraiment passé beaucoup de temps sur les effets et les accessoires, jusqu'à trouver plusieurs présentations et choisir celle qui me convenait le mieux.
Plus tard, je me suis axé sur la magie de Close-Up. Plus facile, moins lourde, moins chère.
Envisages-tu un jour de gagner seulement ta vie en temps que professionnel de la magie ?
J'ai failli passer le cap de vivre de la magie il y a cinq ans, juste après Yokohama. En discutant avec mes amis professionnels, je me suis rendu compte que cela impliquait trop d'incertitudes et beaucoup de galères. J'aime faire des projets à long terme et avoir une sécurité financière dans ma vie de couple et maintenant de père de famille. Cela n'aurait pas fonctionné longtemps. Je voulais des enfants, ma femme aussi, alors on a choisi.
J'aurai été célibataire à cette période, je pense que j'aurai fait le saut. Je serais parti à l'étranger, peut-être USA ou JAPON et joué à fond sur l'image du Français à l'étranger. (Art de vivre, Séduction, Galanterie.). Je me souviens de mes passages au Magic Castle où à l'annonce de mon pays d'origine, les jeunes femmes criaient dans la salle. Elles sont folles ces américaines quand elles ont un peu bu. Le Japon a aussi une bonne image de la France, mais moins des français.
Je pense qu'en jouant sur cette image et avec une magie basée sur la séduction, j'aurai pu faire quelque chose à l'étranger.
Plus jeune, je voulais aussi intégrer une troupe de visuels. Mais je crois que la vie d'artiste est réalisable uniquement en tant que célibataire.
Aujourd'hui je ne regrette pas ce choix. J'essaye de travailler comme un professionnel, avec le même perfectionnisme et les même méthodes, mais sans jamais travailler sur leur marché. La vie d'artiste, ce sera pour ma prochaine vie..
Est-ce que tu travailles quotidiennement tes techniques, tes tours ?
J'ai toujours un stylo, une pièce ou un élastique dans les mains. Toujours. Je suis en situation presque tout le temps. J'ai surtout un carnet de notes qui ne me quitte jamais. Mon travail est principalement imaginatif. C'est le quatrième carnet que je remplis d'idées, de dessins, de montages, de croquis. Je puise dedans les effets dont j'ai besoin. Par exemple, pour la création du spectacle d'ouverture de la dernière Colombe d'Or, j'ai repris des anciennes idées pour les monter et les travailler avec mes acolytes Jo Makinton et Bernard Galmiche. Le numéro de l'arbre était écrit depuis quelques mois. Les gobelets depuis plusieurs années. La lune avait été testée pour la FISM 94 du Japon mais sans succès faute de temps.
Sinon, la réponse exacte à ta question est clairement non. Je ne travaille pas techniquement tous les jours. Je l'ai fait. Plus maintenant.
Le jour où tu te rends compte qu'un bon déclenchement de rire sur ton public permet de faire passer le pire des empalmages, tu travailles moins de nouvelles techniques, mais beaucoup plus ta personnalité et ta présentation.
En revanche, je travaille en permanence à rechercher de nouvelles idées, de nouvelles présentations, de nouveaux effets. Dès qu'une idée me traverse l'esprit, elle est notée et reprise plus tard pour la réalisation, s'il y en a.
Es-tu quelqu'un qui planifie ton travail (recherches, techniques, dialogues, routines) ?
Pour les mises en scène, j'essaye de me fixer une date de fin et je planifie mon travail en fonction. Mais si la date est importante (Concours, Contrat particulier), alors je rentre dans une vraie planification de projet. Sans aller jusqu'à créer un diagramme PERT, j'organise les tâches avec toutes les ressources associées. Comme dans toutes mes démarches, je travaille de façon très organisée et très sérieuse.
Pour les nouveaux effets, je les travaille seul, puis, je les présente à des groupes de copains. Je les retravaille et je les présente enfin en public. C'est une démarche longue, mais qui me garantie une qualité de résultat.
Est-ce que tu penses d'abord a un effet puis utilises (ou inventes) les manipulations te permettant d'arriver à l'effet désire ou au contraire trouves-tu une manipulation et vois ce que tu peux en faire ?
Les trois ! (Je rajoute aussi les images ou les flashs qui te viennent spontanément où la méthodologie et l'effet sont associés).
La créativité est complètement intuitive et impulsive. Il n'y a pas une méthode mais des méthodes.
C'est la partie qui m'intéresse le plus dans l'art magique.
Il faut dire que j'en ai marre de voir sur scène des casseroles aux colombes et les foulards du 20éme siècle. Il est intéressant de consulter un catalogue de magie des années 40. Les accessoires d'aujourd'hui ont très peu évolué finalement. On peut même voir sur des catalogues actuels des dessins des années 50 pour vendre les même produits que cette époque. C'est vrai que la quêteuse est un objet nouveau et inconnu pour les enfants d'aujourd'hui, mais cela reste une quêteuse avec les petits froufrous et le velours rouge.
Ce n'est pas ça la magie. Ce n'est plus ça.
Alors il y a urgence à repenser la magie, à lui trouver une nouvelle évolution, à scénariser et à motiver chacun des gestes et des effets que présente le magicien, à proposer au public ce que nous, magiciens, aurions envie de voir en tant que spectateur et non pas ce que nous aimons présenter, etc.
Et des idées, il y en a plein. Il suffit d'avoir envie d'en trouver.
Je pense que la seule question qu'un magicien devrait se poser, c'est de savoir s'il a envie de regarder, en tant que spectateur, ce qu'il présente en tant que magicien.
Bref, c'est de repenser à la motivation principale du spectacle.
Pourquoi je présente un foulard et je le fais disparaître ? Pourquoi je fais changer de couleur une carte, etc. Et d'y trouver une réponse ! Sinon, quel est l'intérêt pour le public de voir ça ?
Alors, dans ce cadre là, la créativité prend tout son sens. Maintenant que je vous ai mis en appétit, je souhaite développer la créativité en magie de façon plus poussée que dans le cadre de cette interview. J'ai déjà écrit pas mal à ce sujet et vous trouverez un condensé sur mon site.
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