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Cyril HARVEY

par Boris WILD

B.W.: A ce propos, on peut également parler des critiques un peu rudes qui touchent parfois ces jeunes après leur prestation et qui les démotivent pour certains.

    C.H.: Quand on passe sur scène, on est bien sûr exposé à la critique. Quand j'ai commencé les concours, les critiques étaient très dures. Elles étaient presque toutes de MM Fontaine et Maillard, qui avaient beaucoup de mordant et qui ne mâchaient pas leurs mots pour dire ce qu'ils pensaient d'un numéro. C'était toujours juste mais écrit de telle façon que lorsqu'on était concerné, on finissait en rampant sous la moquette, terrassé par la honte. Lorsqu'on n'était pas concerné, on s'amusait déjà beaucoup plus. Même si, moi ça m'a plutôt servi, pour d'autres, c'était le début de la fin.
    Maintenant, les critiques sont moins sévères et ce n'est pas plus mal pour ces jeunes dont c'est souvent la première expérience et qui n'ont jamais fait de scène de leur vie. Il faut laisser le temps au temps et ne pas les " casser " dès le départ.

 

B.W.: Je vais me faire l'avocat du diable, mais je crois savoir que tu as été sujet à une critique sévère durant ta période " frac " et qu'elle a plutôt eu un effet bénéfique sur toi, n'est-ce pas ?

    C.H.: C'est vrai. Sur le moment, ça fait toujours mal de lire des critiques dures envers soi. Mais en ce qui me concerne, là où d'autres se seraient écroulés, moi, une fois la douleur un peu atténuée et mon orgueil laissé au placard, j'ai rebondi et m'en suis servi pour corriger mes erreurs. Ces critiques m'ont donc permis d'aller de l'avant en abandonnant par exemple mon cher frac pour un costume plus jeune (je pensais ne pas arriver à faire le même numéro sans mes profondes et j'ai découvert que si, çà marchait aussi avec une veste courte, un peu d'idée et beaucoup de travail).Ça m'a stimulé et je crois que çà m'a fait du bien.

 

B.W.: Pourquoi t'es-tu dirigé vers la magie de scène et plus particulièrement la manipulation qui est certainement l'une des disciplines magiques les plus difficiles qui soient ? Etait-ce parce que tu avais un ou plusieurs modèles en la matière ?

Cyril HARVEY et Jeff Mc BRIDE    C.H.: Pour moi, la magie est avant tout un jeu de mains qui repose sur la dextérité et le détournement d'attention. La manipulation est une discipline qui m'a toujours plu. Ne dit-on pas que la manipulation est la "catégorie reine " de la magie ?  Et puis, c'est le côté théâtral de la magie de scène que j'avais envie de vivre, être exposé aux feux des projecteurs, travailler devant un public dans une salle avec son ambiance. Tout cela me tenait à cour. En ce qui concerne mes modèles, je peux dire que le premier a été Fantasio. J'ai vu une vidéo de lui il y a fort longtemps et sa prestance, son regard, son sourire m'ont beaucoup inspiré au début. Puis, en 1988, un certain Jeff Mac BRIDE s'est produit à l'Olympia et là, ça été un tournant. Ça allait à l'encontre de tout ce que je connaissais en magie, c'était novateur et, je ne m'en cache pas, il m'a beaucoup influencé dans mon style.

 


B.W.: Et comment t'es venu l'idée de monter un numéro sur le thème, plutôt inattendu, des manipulations de toupies ? En plus, je crois savoir que c'était bien avant la naissance de ton fils Rémi donc ce n'est pas en jouant avec lui !

    C.H.: Effectivement ce n'est pas en jouant avec Rémi. En fait, je cherchais l'accessoire l'original, ce qui est très difficile, et après le congrès d'Angers en 1987, je suis rentré dans une boutique de jouets à la recherche de bilboquets et mon regard a été attiré par une petite toupie complètement insignifiante. Je l'ai prise en main, je me suis amusé avec elle et l'idée est venue de là. Je trouvais l'objet intéressant car il était manipulable, il défiait les lois de l'équilibre et cela demandait donc une certaine dextérité. J'ai alors décidé de composer tout mon numéro autour de ce thème des toupies.

 

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