| Comptes-Rendus |
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| Spectacle de Gary KURTZ |
3 Avril 2002
par Michel ASSELIN
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"Viens, voir les comédiens, voir les musiciens,
voir les magiciens, qui arrivent..."
Lourd printemps coté spectacles au Québec. Comédie, danse
et humour à foison, et de grosses pointures sont en ville ; Aznavour
en sempiternel récital d'adieu, Céline Dion qui lance son dernier
CD avec un happening monstre au Centre Molson (et gratuit !), et autres humoristes
et troupes de passage se partagent un public qui s'éveille de sa torpeur toute
hivernale avec entrain.
Le succès n'est point garanti en ces conditions, malgré un public
bon enfant. Une production des Dix Commandements piqua du nez assez rapidement,
sabordée avec verve par la critique.
À travers tout cela se pointe Gary KURTZ, qui tire son épingle du jeu avec brio. Fort d'un battage publicitaire musclé et agrémenté de critiques presque uniformément élogieuses, la production courante de Gary KURTZ, Paranormal, est un succès, et semble en bonne voie d'être le hit de la saison. Après une semaine fructueuse dans une salle de taille moyenne, il se tape une première ronde de sup' dans une salle plus spacieuse, le Saint-Denis.
Le dispositif scénique est intéressant. Deux gradins à même
la scène accueillent une trentaine de spectateurs privilégiés, qui vivront
le phénomène de près, à titre d'arbitres. Leurs mines, tantôt curieuses, tantôt
inquisitives, souvent ébahies, rappellent les visages pantois qui peuplent
la salle, la quatrième mur théâtral s'effondrant tôt en soirée. Le look scénique
est à la croisée de Magritte et de la série culte des années soixante The
Twilight Zone.
Disposées sur des pieux, çà et là, une pagode, une table
bancale; une chaise supportant un aquarium, un oeil vert géant rappelant ceux
de l'artiste, un mécanisme d'horlogerie ; le tout surplombant la scène.
Les habitués de Gary KURTZ retrouvent l'artiste en pleine possession
de ses moyens... Le spectacle lui-même n'est pas très différent de celui qu'il
trimballe dans les congrès de magie : divination de cartes pensées dans la
salle, book tests multiples, touché psychique, montres empruntées assujetties
à la psychokinésie. Mais la réaction du public - d'un vrai public, à l'opposé
d'un public d'initiés - en fait une expérience tout différente.
Le fait qu'il y a, dans la deuxième partie, quelque chose
qui s'apparente à une communion de toute la salle (à défaut d'un qualificatif
plus précis, est pour le moins troublant. Des rires aux pleurs, toute la gamme
y passe et ce, avec une économie de moyens remarquable.
Un spectacle fascinant, donc, dont la production avait, lors de sa conception, des visées outre-atlantiques. Mais cela ne prendra place vraisemblablement que dans quelques mois, puisque l'étrange Monsieur KURTZ sera fort probablement retenu pour un certain laps de temps...
Son site : www.garykurtz.com
Merci à Bruno SANVOISIN pour la relecture.
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