Comptes-Rendus

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Congrès de Blackpool ou Quand la Télé Réalité s’empare des concours !

du Mardi 28 Mars au Lundi 3 Avril 2007

par Romane C.

Coordonnées :
Blackpool
ROYAUME UNI

     Depuis quelques semaines je demandais à qui voulais bien m’écouter : " Et Blackpool alors c’est comment ? "  Les plus blasés me répondaient "Si tu aimes les marchands de trucs, c’est l’endroit rêvé". Les plus  branchés me répondaient que c’était le top du kitch et les plus  normands, me répondaient, que c’était pas mal, mais pas top! Une solution, la seule solution : Y aller. !!!

     Et finalement, Blackpool, c’est un peu tout ça, dans  le même ordre !

     Tout d’abord, il faut savoir que la ville est assez difficile d’accès. La cité des fêtes et loisirs du nord de l’Angleterre se mérite. Pas d’avion direct, il faut atterrir à Manchester et se farcir deux heures de train.

     L’arrivée  est un peu surprenante. Si, d’après ce qu’un chauffeur de taxi m’a raconté, la ville compte plusieurs dizaines de milliers de personnes en été, là c’est le désert. Tout est fermé, la mer nous offre son plus beau marron, le vent cingle bien comme il faut, et  le ciel nous rappelle qu’ici plus qu’ailleurs, il est prêt à déverser des tonnes d’eau en quelques minutes.

     Mon hôtel est à la hauteur de mes ambitions. Grisé par une plaquette prometteuse, j’avais réservé et payé " le seul trois étoiles de la ville ". J’ai compris mon erreur dès  ma sortie du taxi. Les plus grands magiciens sont hôteliers, vous pouvez me croire !


     Une visite de ma chambre me confirme mes craintes, de toute façon ce n’est pas grave,  je ne compte l’utiliser que très  peu ! Direction, le Winter Garden, sorte de grand complexe comprenant salles de  jeux, de spectacle et de bal. Un monument tout dédié au  spectacle et aux fêtes en général.

     Accueil efficace et partout des contrôles  polis et souriants. En 15 secondes, les badges et autres bouquins sont récupérés. Un record lorsque l’on sait qu’il y a plus de 3500 personnes qui arrivent en même temps.

     Et c’est là tout justement le paradoxe génial de Blackpool. Nous étions 3500 et on a l’impression de vivre un petit congrès sympa entre potes.  La salle, que dis-je, les salles réservées aux marchands sont gigantesques.

     Ils sont tous là ! De Spiderflex à Tango en passant par  Losander.

     Le plus: la présence de quelques petits inventeurs, pas toujours très magiciens,  mais avec des petits trésors d’ingéniosité posés  sans chichi sur un bout de nappe.  Première surprise : pas de cérémonie d’ouverture. C’est pas plus mal, ainsi on nous épargne les sempiternelles remises de médailles et autres discours du président et consorts.

     Le vendredi après midi est donc consacré aux  conférences, comme les deux jours suivants.

     Que dire des conférences de Randy Wakeman, Stan Allen, Simon Lovell; Ian Rowland et David Shimshi qui termina à 00.30 sinon que globalement c’est de l’ACHARNEMENT.

     Parallèlement se tenait European Magical Close up Championship.

     Tiens, encore un titre européen ! Décidément, c’est à la mode !

     9 concurrents sélectionnés sur vidéo s’affrontent. Pour présenter le concours devant 3500 personnes, la subtilité consiste à demander à chaque concurrent de faire son numéro à trois reprises en changeant de salle.

     Dans la dernière, équipée d’écrans vidéo (avec deux caméras, une pour le plan large et une pour les plans serrés)  qui présentaient les numéros avec  clarté et sans tuer les effets (j’ai beaucoup souffert à Stockholm !).

     Globalement je retiens d’excellentes prestations basées sur des jeux d’acteurs parfois très fins et un humour anglais que j’ai souvent eu beaucoup de mal à saisir.

     La prestation de Olmac démarra, à mon sens avec un petit à priori de ce public très « anglais ».

     Idem pour celle de Jérôme Burgeon (alias Candide).

     Pour autant, tout deux réussirent, grâce à un crescendo bien dosé de leurs effets, à cueillir puis à emporter la salle… gros succès.

     Bebel, Romaric et tous les Français présents (beaucoup plus que je ne l’imaginais) étaient sous le charme. Moi aussi !!

     Les juges étaient Kevin Gallager, Domenico Dante et Mike Gancia.

     Quelques minutes plus tard, Jérôme partait avec la coupe de Wimbledon entre les mains, et Olmac se chargeait de celle de Roland Garros. Décidément les anglais ont les moyens puisqu’en plus Jérôme empoche une prime en cash de 1000 £ (presque 1500 €).

     Lui qui était étonné qu’on lui ait offert son entrée au congrès sur le motif qu’il était concurrent !

     Jérôme nous a confié un peu plus tard, que le fait d’avoir eu à présenter son numéro trois fois de suite l’avait tout simplement « chauffé » et déstressé. Je pense que c’est un élément effectivement très important !

     Partout dans le Winter Garden les rencontres sont incroyables !

     Les petits bars disposés un peu partout sont autant de points de rencontre. Les situations sont parfois incongrues.

     En pleine discussion avec Romaric, nous observons à deux mètres de nous, un magicien, en pleine démonstration  « romaricienne » avec son oreille.

     Il est tout content de montrer sa trouvaille. Problème: il ne le fait pas très bien. « Romaric, fonces !! T’as du boulot ! »

     Dix secondes plus tard, l’attroupement est créé, les appareils photos crépitent !

     Romaric est démasqué et montre à tout un groupe, à quoi l’effet ressemble quand il est réussi !!! Une demi-heure plus tard, il revient en nous présentant un imprimeur allemand, qui vient de sortir des « Bicycles » plus vraies que nature.

     Bébel  est positivement surpris par leur qualité de touché, très proche de l’original.

     La différence : le dos, évidemment et surtout la possibilité de les imprimer à la demande. Les petits malins me comprennent !

     La première nuit de liberté commence. Ce sera la moins « chaude » car les habitudes ne sont pas encore prises…

     Le QG de toutes les rencontres, c’est le bar du RUSKINS, un des  hôtels  où sont logés les artistes. C’est à deux rues du Winter Garden et je comprends en y entrant que les anglais n’ont pas la même notion des étoiles que nous ! C’est chaleureux, confortable, bref un vrai hôtel quoi.

     Le bar devient le lieu de toutes les magies.

     Bébel se lâche, si le premier jour il ne part se coucher qu’à 5 heures du mat, les jours suivants, survolté par un Romaric en pleine forme, ils ne se couchera pas avant 10 heures du matin.

     Le samedi, c’est le grand jour.

     La matinée est consacrée majoritairement au concours  national du meilleur "children entertainer" Cela se passe dans un vrai beau théâtre kitch, avec de vrais enfants et de vrais pros. Je n’ai malheureusement pas pu tenir longtemps. La salle était bondée.

     J’ai donc opté pour la conférence de Jay Sankey. Nous étions plus de  600 dans la salle !

     Mes impressions : Ce Monsieur nous a fait un très grand One man show parfaitement millimétré. Un Rire toutes les 15 secondes. Je connais ce tempo, c’est celui de tous les  Stand up ! Donc la magie est secondaire. Chaque phrase commence par « Dans mon DVD vous verrez … » et pour bien faire rentrer la leçon, pour l’occasion, un petit pack est proposé à la vente !

     Ce jour là, Sankey, Wilson, Ricky Mac Leod, Henry Evans et Dirk Losander vont faire des records de vente.

     A noter une très belle routine d'Henri Evans qui fait apparaître des pièces géantes entre deux cartes ! Magnifique et magique, sauf que ce sont des pièces "chinoises" ; franchement c’est désuet et cela ne veut rien dire à personne sauf à certains magiciens !

     L’après midi marque le lancement du gala de close up. Là encore l’organisation fait très bien les choses.

     Le gala est en libre accès. 8 tables  sont réparties dans un immense corridor en forme de fer à cheval.

     Devant chaque table 50 chaises.  Le spectateur est donc  à moins de 5 mètres du tapis.

     La subtilité c’est que ce sont les magiciens qui changent de table après leur numéro. Ainsi, pas de problème de caméra et, surtout, le close up reprend toute sa signification.

     Petite cerise sur le gâteau vous pouvez donc, au choix, attendre que les magiciens défilent à votre table, ou bien suivre un magicien de table en table pour voir plusieurs fois son numéro, ou bien zapper un magicien qui vous gonfle un peu.

     Bref, une liberté totale ! Aldo Colombani David Roth, Simon Lowell Randy Wakeman, David Shimshi, Dan Garett, Aaron Fisher, Nathan Kraken feront le premier tour de table.

     Les conférences s’enchaînent en parallèle pendant toute l’après midi. Dirk Losander finit par me convaincre et je me décide donc à acheter son « pack » conférence.  Je le regrette et ne ferai aucun commentaire. Je risque d’être méchant.


     A 17 heures, malgré un programme alléchant, je préfère quitter le palais pour aller dormir un peu (car la nuit fut agitée) et me préparer à affronter  le « BRITISH MAGIC STAGE CHAMPIONSHIP » Et, franchement, j’ai bien fait de me préparer à cet événement, car cela  ressemble à quelque chose.

     Tout d’abord, c’est un spectacle ! Cela signifie qu’un orchestre joue en live pour nous faire patienter. (C’est une obligation légale en Grande Bretagne) Là, enfin, nous réalisons que nous sommes effectivement 3 500. La salle est immense.

     Disposée à l’ancienne, elle compte deux balcons. Le poulailler est immense et très raide. Le lendemain, il coûtera d’ailleurs quelques « flashages » à certains de nos magiciens.

     Mais on en reparlera !

     Le concours est donc un VRAI spectacle.

     A commencer par le fait qu’il est répété et surtout éclairé comme un véritable show.
15 candidats vont se mesurer devant nous. Des numéros professionnels viendront de temps à autre, rythmer l’ensemble. Et quand je dis que c’est vrai spectacle, je n’exagère pas.
     Il débuta à 19 heures et se termina à plus de 1 heure du matin. Deux entractes seront à peine suffisants pour nous permettre de tenir le choc.

     Le présentateur, Tony Stevens, est dans la parfaite lignée de la tradition du " stand up" des pays anglo-saxons.
Il envoie vanne sur vanne (sur le programme, son n° de téléphone est indiqué, au cas où l’on aurait un bon truc à lui raconter pour qu’il l’ajoute à ses vannes du soir). Tout y passe, de la blague de marchand de magie à des histoires un peu plus connues, il fait feu de tout bois. Nous retrouvons le rythme du stand up (un rire toutes les 15 secondes). La salle est chauffée, et très réceptive, place au spectacle.

     Les juges (Derek Lever, Terry Seabrooke, Hans Moorehouse et Domenico Dante sont prêts à nous faire vivre un grand moment : L’entrée officielle de la télé réalité dans le monde des concours de magie. C’est la grande surprise !
     Les juges vont commenter le numéro dès que le rideau sera tombé. Le magicien sera face à eux. Bref, cela a un furieux goût de Star Ac, Popstar et autre spectacle télévisé du cru.

     Pour être franc, je m’attendais à du consensuel un peu anesthésié par le flegme et la diplomatie très codifiée de l’Angleterre, et bien PAS DU TOUT !

     Dès que le premier numéro eut terminé son déballage de cartes, les juges s’y collent. C’est un magicien junior, il revient sur scène, le micro passe entre les mains des juges. « Votre technique est très bonne, mais je n’aime pas votre univers, votre musique est positivement hors sujet etc…

     Les remarques étaient très souvent justes. Tel juge explique qu’il en a un peu ras le bol de voir des dizaines de numéros qui consistent à déballer des centaines de cartes et à pourrir toute la scène. Tel autre fait l’apologie d’un jeune concurrent, car il connaît bien son professeur (sic!) etc…

     Comme dans tous les jurys de ce type, il y a le bon, la brute et le méchant ! Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’en plein concours, l’un des vieux juges (car cela manquait un peu de sang neuf !!! Dire le contraire serait très partisan !!) dit en s’adressant à l’un des concurrents en queue de pie :

     «  Jeune homme vous avez un beau visage et une excellente technique ; par contre, il faut absolument que vous perdiez du poids, vous êtes trop gros, une quinzaine de kilos, ce serait bien »

     Les 3 500 magiciens de la salle partirent dans un concert de sifflements. Le magicien est resté rouge et sans voix.

     Le jeune garçon avait certainement un effort à faire dans ce sens, et gagnerait certes en élégance et en classe ! Mais je pense sincèrement que ce genre de remarque ne peut pas se faire avec un micro, devant 3 500 personnes ! En résumé, ce type m’écœure.

     D’ailleurs, personnellement, je pense que j’aurais répondu :

     « J’en suis bien conscient Monsieur le juge, je fais tout pour convaincre mon cancérologue d’arrêter mon traitement à la cortisone et surtout ma chimio !! (et, là, je rajoute un « connard » mentalement, mais très fort!!) »

     Peu à peu la salle prit l’habitude de ponctuer les remarques des juges par des applaudissements ou des sifflets. Petit à petit, elle s’est donc positionnée dans le débat, tout naturellement.

     Le spectacle est globalement assez peu intéressant.
     La créativité est quasi nulle, et j’avoue avoir été un peu déçu par le manque d’imagination des concurrents. Tous les numéros ont été scrupuleusement choisis sur vidéo.
     Les grandes illusions sont donc de vraies grandes illusions (lévitations et autres caisses !!), on sent que chaque candidat a réuni les moyens de ses ambitions. Pas de bricolage, que du gros matos. Mais BOF !
     Pour ce qui est des catégories manipulation, c’est même " Retour Vers le Futur " .

     Stupeur en voyant un garçon de 17 ans arriver en jaquette noire, sur une musique visiblement pompée sur un vieux numéro de Norm Nielsen. Pendant 15 minutes, dans une technique incroyablement maîtrisée il nous a présenté toutes les manips de Kaps puis a enchaîné sur les pièces de Nielsen avec la cascade musicale!
     J’avais l’impression de visionner une vidéo du maître…
     Franchement, je souhaite à ce type de mettre un jour les doigts dans une prise électrique ! Mais avec leur 110 V je ne sais pas si cela sera suffisant pour lui " ouvrir un peu l’esprit" (et je reste poli !)

     Durant cet interminable Gala, trois invités pros viennent présenter leur numéro. Le premier fut tout simplement EXTRAORDINAIRE et je vous jure que je retiens tous mes superlatifs!

     Je parle de Stan ALLEN !
     Il tient la salle avec une marionnette mesurant à peine 30 centimètres et sans faire de ventriloquie.
     C’est hilarant, attachant, drôle, loufoque, et surtout totalement, mais alors totalement Extraordinaire. Je crois même que c’est extraordinaire. Si si on peut le dire !
     La leçon est grande (pour moi) !
     Cher Monsieur, si vous me lisez un jour, sachez que JAMAIS je ne pourrai oublier ce que vous m’avez fait vivre ce soir là (si quelqu’ un sort cette phrase de son contexte, je lui mets ma main dans la g… !!)

     Die Zauderer furent ensuite tout aussi excellents et drôles qu’à la FISM (les trois chevaliers en armures).
     Et finalement, SOS Victoria nous présentent un numéro avec une canne dansante « géante » qui tourne à plus de 2 mètres d’eux. Personnellement, je n’ai pas du tout accroché ! Je leur reproche des « ficelles «  un peu grosses (ce n’est presque pas un jeu de mot !) puisqu’ils se placent dans le noir presque total, et que l’amplitude de leurs gestes est sans doute, à mon sens, le meilleur moyen d’expliquer aux Moldus comment fonctionne la canne dansante !

     Voilà, à une heure du matin, je décide de me changer les idées. Pas question d’aller au Ruskins.
     J’ai fait le plein de cartes, de magie et de Kitch pour un moment. Je regarde Romaric, Jean-Luc Bertrand et Bébel partir sous la pluie pour une nuit de magie dans leur bar, moi c’est la magie de la nuit qui m’attire ! Je m’enfonce dans les rues alcoolisées et « libérées » de Blackpool. Il faut savoir se perdre pour mieux se retrouver !

     Le lendemain, le dimanche vers 11 h, après quelques minutes de sommeil et surtout une douche glacée et deux bons litres de Red Bull (le café anglais est traditionnellement imbuvable tout le monde le sait, mais ce n’est rien de le savoir, il est vraiment imbuvable !) et je m’engage dans la salle du gala de close up.
     Des potes m‘expliquent que Bébel vient de se coucher !
     Le gala lui continue, deux sessions aujourd’hui.
     Jay Sankey, Marc Oberon (un n° d’apparition de clés que j’ai beaucoup aimé), Dirk Losander avec une baguette dansante, encore!!), Henry Evans, Gregory Wilson, Jupiter, Rubinstein, Ian Rowland bref ceux qui étaient en conférence hier sont aujourd’hui en gala, et vive et versa !

     Donc pour ceux qui me suivent encore, Aldo Colombani, David Roth, Aaron Fisher, Nathan Krenzo sont en conférence, pendant toute la journée.
     Là je vous avoue que je décroche ! Je suis usé !
     OUI je sais que si j’achète ton DVD je vais voir encore mieux ce que tu m’expliques ! Oui JE SAIS qu’à la sortie il y a des gens qui vendent tes pièces, tes gimmicks, tes éponges, ton FI et les collants de ta femme STOOOOP !! Merci !

     A 16 heures, je rentre dans le placard surchauffé qui me sert de chambre et je dors deux heures, histoire de recharger les accus pour pouvoir vivre pleinement le point d’orgue, le GALA international et l’After Gala Show.!

     Si le Gala va être intéressant, décidément, Messieurs les Anglais, nous n’avons pas la même notion de « l’after »

     Le gala : C’est la grand messe qui débute sans discours.

     Merci Messieurs les Anglais, c‘est génial !


     Sos et Victoria lancent le show avec leur numéro de change. C’est carré, pro et du poulailler (où je suis !) leur illusion d’évasion des anneaux est flashée. Petit couac regrettable, mais la salle vibre réellement sur deux ou trois de leurs changes particulièrement bluffants !
     Die Zauderer prennent ensuite la relève avec un numéro construit à trois, toujours, costume noir et lunettes noires. C’est décalé, drôle et surprenant.
     Bébel assis à mes côtés commence à piquer du nez. Premier coup de coude ! Il sort un jeu de cartes et commence à s’amuser avec !

     « Range ton jeu, Bébel, tu vas attirer tout le monde autours de nous ! P… mais c’est pas vrai ça, tu ne vas quand même pas leur pourrir leur spectacle ? »

     Une carte s’échappe alors du jeu et tombe dans le dos du spectateur devant nous.
     Bébel se contorsionne, demande sa carte.
     Le type de retourne avec un grand sourire, c’est Henry EVANS. Il s’empare de la carte sur laquelle il était maintenant assis et la tend à Bébel en lui disant malicieusement : « Monsieur, est-ce que c’était bien votre carte ??? »

     Mais c’est qu’il est plein d’humour notre Henry EVANS !! Je l’imagine à la maison avec sa femme ! Il doit lui faire apparaître des pièces pour qu’elle aille acheter du pain et elle doit tirer une sale tête quand il lui refile ses grosses pièces chinoises noires qui ne veulent rien dire !

     Jérôme HELFENSTEIN fait son entrée en scène.
     Moi j’aime Jérôme. Je l’aime tout court. Il me fait pleurer à chaque fois. C’est irrationnel. C’est incontrôlable ! Après le spectacle Jérôme m’a demandé :

     « Mais est-ce que tu sais précisément quand les larmes te viennent ? »

     Je rembobine mentalement et « Et bien oui, je le sais, c’est au moment précis de l’araignée ! »

     « Tiens c’est incroyable, pour moi aussi » commente Jean-Luc Bertrand !

     Bref, je ne suis pas le seul à pleurer sur son numéro : Thomas THIEBAUT, Jean Luc et moi ça fait déjà trois !
Bébel, je ne sais pas ! Je crois qu’il donnait un cours à Henry EVANS ! (non ! Je plaisante)

     Shimshi se présente ensuite derrière.
     C’est acrobatique ! Avec un forçage visible depuis le poulailler. Rumeur amusée dans le public.

     Marc Métral prend la suite, avec un numéro PARFAITEMENT maîtrisé malgré des petits problèmes techniques (les oiseaux qui sortent des boites) Je dis respect à Marc.. C’est TOP !

     Juliana Chen décide ensuite de sortir 350 cartes de toutes les manières possibles !
     Son costume traditionnel est une injustice ! A quand un homme nous présentant ce genre de production, torse nu !
     Laurent Béretta qu’attends tu ?
     En revanche, elle est la seule à avoir construit une sorte de décor en tissu sur la scène. C’est joli et cela change des scènes vides maintenant très en vogue chez les magiciens.

     L’entracte oblige Bebel à ranger son jeu de cartes. Il décide de quitter le balcon pour une pause à l’extérieur. Henry Evans va pouvoir respirer. (Je plaisante !!)

     Le spectacle reprend avec les discours et là, franchement, merci messieurs les anglais, c’était TOP !
     Le président du congrès était touchant de maladresse et son acolyte (ressemblant à s’y méprendre à Mac Roney) était tout simplement HILARANT.
     La remise des coupes et autres remerciements fut TRES drôle, longue certes, mais très drôle ! Franchement, pour une fois on en redemande ! Bravo !

     Omar Pacha lance la deuxième partie, suivi par Nestor Hato puis Frank Truong.
     Là encore, petit flashage depuis le balcon, décidément la salle est vraiment difficile pour les angles.
     Dirk Losander,
enchaîne en nous présentant une "lance d’Indien" dansante. Je n’en peux plus !
     La prochaine fois que je le vois, je lui fais ma "carte bleue dansante" !!! C’est juré ! Et, en plus, au moment où il la prendra dans sa main, un FI élastique (tiré du bas de sa propre femme !!!) la fera retourner dans ma poche.
     Et moi je lui ferai un grand sourire en crachant une bulle de savon !

     Et enfin pour terminer Greg Frewin se lance dans son numéro de colombes.
     Je connais ce numéro par cœur à une nuance près, le pré-final.
     Il fait apparaître une colombe, la lance en l’air en s’emparant d’un sabre. Dans un geste large et rapide, il semble alors la couper en deux en plein vol. La deuxième colombe se « sépare » de la première à deux mètres de lui, c’est tout simplement INCROYABLE.

     Il est 23 heures, la salle se vide, je me dirige vers l’After Gala Show. C’était un « événement » vendu en sus ! Le dernier petit plus pour VIP ; je m’étais laissé tenter et, très sincèrement, il faut que j’arrête de croire les plaquettes publicitaires.

     Je passe encore un contrôle souriant et efficace, et je découvre que dans le prix de cet « After » la nourriture est comprise.
     Mais ne nous méprenons pas ! Il s’agit d’une mixture au goût indéfinissable, une sorte de mélange de pâte brisée mal cuite, de viande, de gelée, de pommes et de cannelle.
     J’aime les expériences nouvelles, et mon estomac, vide depuis presque 24 heures, me fait savoir que digérer un aliment prédigéré n’est pas un problème pour lui. Je conseille donc à mes papilles de penser à autre chose et j’avale l’assiette en regardant le spectacle, car il y a encore un spectacle !
     Danses folkloriques, magie, on est reparti pour un tour. Et quel tour ! Le point d’orgue fut quand un monsieur qui vint nous présenter des back and front et autres manips du genre, en nous expliquant que son numéro était exactement celui présenté au début du siècle devant les rois et les reines !
     Rien que ça ! Mais à ma connaissance, il n’y avait aucune reine, ni roi dans la salle et nous sommes en 2007.
     J’ai pensé le lui faire remarquer mais à quoi bon ! Visiblement lui et moi n’étions pas là avec les mêmes intentions. Moi je pense au futur, lui vit dans le passé. Je ne le critique pas et je le respecte, mais de grâce, qu’il cesse de se parfumer à la naphtaline !!!

     Je quitte la salle avec le groupe de français !
     Ils partent au Ruskins, je les rejoindrai beaucoup plus tard dans la nuit. Pourquoi ? Parce qu’il faut savoir varier ses plaisirs et qu’à Blackpool, c’est vraiment facile !

     Le mot de la fin: J’y retournerai, Blackpool n’a rien à voir avec la FISM, c’est autre chose !
     C’est totalement différent et en plus c’est VRAIMENT mais alors VRAIMENT très sympa !

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Merci à Michel FONTAINE pour la relecture.

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