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| Mayette Days |
par Michel FONTAINE
Bon, Hervé est encore allé se saouler, et je dois finir le
reportage. Une idée idiote me vient après avoir entendu Jean MERLIN,
Gaëtan BLOOM et Dominique DUVIVIER se renvoyer l'ascenseur de
qui avait donné le feu sacré et encouragé l'autre à démarrer et persister
dans la magie.
Je ne sais plus dans quel ordre exact pardonnez-moi. Et à l'origine
de tout çà : Dominique WEBB. Comme de mon côté j'ai entendu le même
Dominique WEBB me rappeler à diverses reprises ces dernières années
(sinon ce détail me serait sans doute sorti de la tête) que je l'avais fortement
encouragé après un gala en 1954, aux côtés de Poiret et Serrault, alors qu'il
était venu me parler à l'issue de mon numéro de grandes illusions (avec des
copains et copines de l'école).
Bien sûr, que pouvais-je dire d'autre que des encouragements,
du haut de mes dix-huit ans à ce garçon de treize, au demeurant sympathique.
Le rapport avec le Mayette Days ? J'en viens à me demander avec effroi
si je ne serais pas un peu l'arrière grand-père spirituel de tout ce beau
monde !
Mais je ferais mieux de parler d'autre chose, c'est mauvais pour mon image de jeune homme plein d'avenir.
Quelle illusion ? Une certaine lévitation monstrueuse que
Michel SELDOW m'avait demandé de lui prêter pour une pièce de théâtre
qu'il devait monter à cette époque. Comme en 56 je partais un certain nombre
de mois, en villégiature en Afrique du Nord, j'avais déposé tout ce matériel
dans la cave de MAYETTE (grand ami de SELDOW et de DHOTEL)
pour que Michel SELDOW en dispose si besoin. Ce ne fut pas le cas et
je récupérai ma lévitation à mon retour. Bon, on va me reprocher de raconter
encore des histoires d'ancien combattant.
Il me vient aussi à l'esprit qu'après André MAYETTE, et avant Dominique DUVIVIER, un certain Michel HATTE a maintenu fort honorablement la réputation de Magie Moderne et qu'il était, et est toujours, un homme très charmant. Je ne pense pas que Jean MERLIN me dira le contraire.
Le banquet du samedi a lieu derrière les salles réservées au
close-up et aux marchands de trucs. Le repas est de grande qualité, ce qui
n'est pas évident pour une assemblée de quelques centaines de personnes. Tous
les magiciens de Mayette et du Double Fond sont partout et manipulent sans
désemparer.
Alexandra DUVIVIER est bien charmante. Je me demande même
si, physiquement, je ne la préfère pas à son papa. J'ai le plaisir de dîner
en face de Freddy FAH, la table à côté de Larry JENNINGS et
KAUFMAN. Ca n'arrive pas tous les jours. Ensuite show de Max MAVEN.
Il présente, comme les autres artistes vedettes, son spectacle public normal.
J'avoue que c'est un peu trop pour mon petit intellect de magicien qui ne
pense pas trop et que je ne résiste pas à un quart d'heure de divination les
yeux bandés et collés de sparadrap. J'abandonne le Magie-Minuit, j'en ai seulement
entendu grand bien le lendemain matin dans le genre humour décontracté.
Dimanche matin je choisis la conférence de Jean-Jacques SANVERT. Je
ne suis pas déçu. Jean-Jacques interprète, au sens où un concertiste
interpréterait du Bach, selon le mot de Paul DASSONVILLE, une série
de manipulations de pièces, celle-là même qu'il avait faite la veille au dîner,
de cartes avec nombre de trouvailles qui lui sont propres, et une magnifique
routine basée sur l'enclavage de bagues empruntées, dans laquelle il élimine
le point faible habituel : le désenclavage qui est plutôt un anti-climax qu'autre
chose.
Après le repas, démonstrations simultanées de close-up dans trois salles. Toutes les stars reviennent y présenter soit un autre numéro, soit refaire un morceau de leur conférence, ou de leur prestation du dîner. DUVIVIER y montre sa présentation très personnelle des gobelets dans laquelle ce sont en finale les gobelets qui se multiplient. Et Alexandra est toujours aussi charmante.
Le mot de la fin revenait à Gaëtan BLOOM. Pas facile, comme il le remarque
justement, tout le monde a tout fait. Il annonce que tout à l'heure il fera
"Flying". Avec beaucoup de gentillesse et de métier, il mêle ses classiques
(le bouquet éclipsé quand il éternue, la chaussure, les cartes aux gants de
boxe, les bananes, etc.) à des créations sur mesure comme une divination basée
sur une parodie de l'élection présidentielle, ou un "Flying" dans lequel seul
son chandail s'envole, le laissant torse nu sur la piste. Une très longue
et très chaleureuse ovation salue à la fois son talent d'artiste et la gentillesse
qui émane de sa personne et de sa vie.
Tout le monde salue tout le monde, public compris, dans cette grande fête qui est une parfaite et très grande démonstration de la maîtrise de Mayette Magie Moderne.
Merci à Bruno SANVOISIN pour la relecture.
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